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Côtes d'Armor : son fils handicapé s’est immolé par le feu à la sortie du confinement

Le 1er juin dernier, Elwood, 31 ans, est mort à l’hôpital de Saint-Brieuc après s’être immolé par le feu sur son fauteuil roulant. Selon sa mère, Elwood aurait très mal vécu le confinement. Elle témoigne pour que son geste ne passe pas inaperçu.

Christine avec un portrait de son fils Elwood chez lui à Trégueux dans les Côtes d'Armor
Christine avec un portrait de son fils Elwood chez lui à Trégueux dans les Côtes d'Armor © Radio France - Johan Moison

Elwood avait 31 ans. Il adorait la musique, le métal. Le 31 mai dernier à Trégueux dans les Côtes d’Armor, sur un parking près d’un conteneur à poubelles, il s’est aspergé d’un liquide inflammable et de gel hydroalcoolique. Elwood s’est immolé par le feu sur son fauteuil roulant électrique, à moins d’un kilomètre de l’appartement où il vivait, seul. Une riveraine, alertée par des cris et la fumée, est intervenue, puis les pompiers et la police. Brûlé à 80 %, Elwood est mort peu après minuit à l’hôpital de Saint-Brieuc le 1er juin. 

C'est à cet endroit, à Trégueux dans les Côtes d'Armor, qu'Elwood s'est immolé par le feu le 31 mai 2020
C'est à cet endroit, à Trégueux dans les Côtes d'Armor, qu'Elwood s'est immolé par le feu le 31 mai 2020 © Radio France - Johan Moison

Un confinement "très difficile"

Elwood était handicapé moteur de naissance. "On a essayé de le scolariser dans le circuit classique mais ça n’a pas fonctionné", témoigne Christine, sa mère. Suivi par un centre de rééducation, le centre hélio marin de Plérin, jusqu’à ses 22 ans, le jeune homme avait rejoint une structure à Lannion avant d’arriver dans son logement adapté à Trégueux. "Il aimait rire, il était curieux mais c’était aussi un garçon à fleur de peau, hyper-sensible. Son mal-être l’a même conduit en hôpital psychiatrique. Malgré la présence des auxiliaires de vie, le confinement a été une période très difficile à vivre pour lui, c’était trop lourd, trop de pression", poursuit sa mère. 

Au téléphone, il me disait, j’en ai marre, on ne peut pas se voir, on ne peut pas sortir. 

"Avant le confinement, il avait l’habitude d’aller faire ses courses au supermarché, aidé par une auxiliaire, ça lui donnait un objectif". Il y a eu plusieurs alertes avant le 31 mai. "Un jour, il a appelé les pompiers pour dire qu’il n’allait pas bien, qu’il vivait mal le confinement. Il a été conduit à l’hôpital où il a pu parler avec un psychologue, des infirmières, il avait besoin de communiquer. Il y a passé une nuit et il a décidé de revenir chez lui". Sur le bureau d’Elwood, près de son clavier, Christine a retrouvé le numéro de Suicide Ecoute. 

"Aujourd’hui, je témoigne pour que son geste ne passe pas inaperçu, affirme Christine. Pendant le confinement, on nous a incité à se rapprocher des personnes seules, à prendre des nouvelles des papys, des mamies. C’est bien mais il faut continuer à le faire. Un petit sourire, un petit bonjour quand vous croisez une personne handicapée, ça ne coûte rien."

ECOUTEZ - "Je témoigne pour que son geste ne passe pas inaperçu"

Ces derniers mots : "je t’aime"

"C’est un beau gâchis, toute une vie qui part en fumée", lâche tristement Christine sa mère, devant des photos de son fils qui défilent sur l’écran d’un ordinateur. "C’est moche, lui, il ne voulait rien de compliqué, il voulait une vie normale avec une famille, des enfants."

"J’avais prévu de venir voir mon fils le week-end du 7-8 juin après la levée de la limite des 100 kilomètres. Finalement, je l’ai vu plus tôt que prévu mais à la morgue", souffle Christine qui vit en région parisienne. "Je l’ai eu trois-quatre jours avant son geste au téléphone, ça a été très bref, avant de raccrocher, il m’a dit  “Je t’aime”, ça n’arrivait jamais, je me dis maintenant que c’était peut-être un signe."

ECOUTEZ - Sa mère raconte qu'il ne supportait plus le confinement

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