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Faits divers – Justice

Coulaines : un surveillant agressé à la prison

vendredi 12 janvier 2018 à 13:12 Par Pierre-Antoine Lefort, France Bleu Maine

Un surveillant pénitentiaire de la maison d'arrêt de Coulaines a été agressé ce jeudi matin par un jeune détenu. Frappé à plusieurs reprises au visage et à l'entrejambe, il a reçu cinq jours d'ITT.

Un détenu a agressé un surveillant ce jeudi matin,. Il l'a frappé à l'entrejambe et au visage.
Un détenu a agressé un surveillant ce jeudi matin,. Il l'a frappé à l'entrejambe et au visage. © Radio France

Coulaines, France

Vers 9h15, ce jeudi, un détenu de droit commun de la maison d'arrêt de Coulaines souhaite se rendre à l'infirmerie. Le surveillant lui demande de patienter, mais le détenu s'impatiente, et tambourine sur sa porte. Lorsque le surveillant ouvre, il est agrippé et attiré à l'intérieur de la cellule. Le prisonnier le frappe au bas ventre, puis au visage. Emmené au urgences, il se voit prescrire cinq d'incapacité temporaire de travail. 

Les syndicats veulent en faire un exemple

"Le surveillant a été dépassé. Les renforts sont arrivés très rapidement, et ont pu maîtriser l'individu", rapporte Arnaud Bailly le délégué syndical Force Ouvrière. "Le détenu a été virulent jusqu'au quartier disciplinaire." Une commission de discipline doit décider de la suite à donner à cette affaire, mais le surveillant compte porter plainte contre son agresseur. "Nous espérons que le tribunal fera encore une fois un exemple."

Aujourd'hui, le surveillant est sous le choc. "C'est moins physique que psychologique,explique Arnaud Bailly. Il est psychologiquement très attaqué. "

Un climat de plus en plus tendu dans les prisons

Cette agression fait écho à une autre, encore plus violente, qui s'est déroulée jeudi à Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais. Quatre surveillants ont été légèrement blessés à l'aide d'un couteau et d'une paire de ciseaux trafiquée. Le personnel de la maison d'arrêt de Coulaines à d'ailleurs pris le service avec 15 minutes de retard ce vendredi matin, en soutien à leurs collègues. 

La violence en prison est banalisée estime Arnaud Bailly. "Ce déchaînement de violence est ingérable pour un personnel pénitentiaire. Vous venez au travail, vous ne vous attendez pas à vous faire cracher dessus ou prendre un bol d'urine à la figure." Pour le représentant du personnel, qui travaille depuis 11 ans au sein de la maison d'arrêt de Coulaines, la violence grandit. "Les détenus n'ont plus peur de rentrer dans un surveillant. _Auparavant, il y avait cette peur du quartier disciplinaire, cette peur de la sanction_. Aujourd'hui, il n'y a plus cette peur de passer au tribunal, de prendre une peine supplémentaire. Rentrer physiquement dans un surveillant, c'est prouver aux autres qu'ils sont capables d'être violents, et donc, sur l'échelle de la voyoucratie, malheureusement, ils prennent des échelons."

Le syndicaliste demande à ce que les lignes bougent. "_On demande à nos politiques de se mettre autour d'une table_, et concrètement faire avancer les choses. La personne détenue à des droits, on en a tout à fait conscience, mais aujourd'hui on donne trop aux détenus par rapport aux surveillants. On porte un uniforme, on est représentants de l'Etat, donc on demande à ce que nos politiques, nos chefs d'établissement prennent conscience de ça." Arnaud Bailly souligne que sa direction est tout de même à l'écoute des revendications, et que le dialogue social est possible. 

De son côté, la direction de la maison d'arrêt confirme l'agression mais ne souhaite pas faire de commentaire.