Faits divers – Justice

Coulonges : le doute plane toujours après les incendies de stocks de paille

Par Quentin Chillou, France Bleu Poitou lundi 22 août 2016 à 17:53

Plus de 48 heures après l'intervention des pompiers, le feu menace toujours
Plus de 48 heures après l'intervention des pompiers, le feu menace toujours © Radio France - Quentin Chillou

A Coulanges, la situation est sous haute surveillance par les exploitants agricoles. Après l'élan de solidarité des agriculteurs voisins, place désormais aux démarches et à l'enquête.

Plus de mille bottes de paille sont parties en fumée dans le champ de Patrick. "J'ai eu très peur", confie l'agriculteur, qui a regardé les flammes grandir durant 30 minutes avant de voir arriver les sapeurs-pompiers. "Je craignais pour mon hangar. Mais la vie de la ferme continue, on va pas se laisser abattre!"

Patrick garde le moral. Il garde aussi un œil sur son champ, où d'épaisses fumées se dégagent toujours. Une citerne d'eau est attelée non loin, au cas où. "Avec la chaleur, le feu repart par endroit. Il faut être constamment vigilant".

Jamais l'exploitant agricole n'avait été confronté à une telle situation. L'élan de solidarité immédiat de la part des voisins l'a visiblement touché. "Ils se dévouent. Si j'ai un souci de quatre ou cinq bottes de paille, ils me dépannent. Je suis pas inquiet là dessus."

Les gens observent toujours les fumées, c'est un réflexe.
Raymond Gallet, maire de Coulonges.

La solidarité, elle ne surprend pas le maire de Coulonges-Les-Hérolles, Raymond Gallet, lui-même agriculteur. "Dans la mémoire collective, il y a cet incendie qui avait ravagé une stabulation il y a une trentaine d'année. On avait dû sortir les bêtes mortes, ça a marqué les esprits." Le maire se félicite de la réaction du voisinage car, "dans la panique, un regard extérieur apporte beaucoup. On est pas seul".

Les flammes ont atteint le champ et le bosquet voisins, mais ont épargné les installations - Radio France
Les flammes ont atteint le champ et le bosquet voisins, mais ont épargné les installations © Radio France - Quentin Chillou

Une plainte déposée lundi

"Maintenant, on va à la gendarmerie, puis aux assurances." Patrick est confiant pour l'hiver : il devra racheter du fourrage, mais sera certainement indemnisé.

Quant aux rumeurs de règlements de compte qui circulent sur les réseaux sociaux, il ne comprend tout simplement pas. "Faut pas dire n'importe quoi. Oui j'ai pris position, notamment concernant le projet de parc éolien, mais jamais au point de susciter tant de violence."

Même raisonnement pour le maire de la commune. "Ce n'est pas la 'guerre civile' comme on a pu le lire dans certains commentaire Facebook. Si c'était une vengeance déjà, ça n'aurait pas eu lieu en plein jour".

Raymond Gallet : "C'est pas la mini guerre civile à Coulonges !"

Reportage à Coulonges chez Patrick, Vincent Hulin