Faits divers – Justice

Assises de la Manche : comment est morte Maëlys, petite fille de 19 mois ?

Par La rédaction, France Bleu Cotentin et France Bleu jeudi 6 octobre 2016 à 20:14 Mis à jour le vendredi 7 octobre 2016 à 12:13

Le procès du papa de Maëlys et de sa compagne aux assises de la Manche (illustration).
Le procès du papa de Maëlys et de sa compagne aux assises de la Manche (illustration). © Maxppp - Fred de Noyelle / Godong

Dernière journée ce vendredi aux Assises de la Manche à Coutances, l'avocat général requiert neuf ans de prison pour la principale accusée et un an de prison pour le père de l'enfant. Devant la Cour depuis mercredi : l'affaire de cette petite fille de 19 mois, Maëlys, morte en décembre 2011.

Dans le box des accusés le père de l'enfant un homme de 31 ans et sa compagne de l'époque âgée de 27 ans. Lui est jugé pour avoir exercé des violences sur sa fille deux jours avant sa mort. Il avait asséné à la petite une tape sur le front qui l'avait fait tomber de sa chaise et la tête de Maëlys avait heurté le sol. Mais la principale accusée c'est sa compagne de l'époque qui surveillait Maëlys, seule, le jour de sa mort.

Cette petite fille de 19 mois est morte en décembre 2011. Les Assises de la Manche à Coutances doivent rendre leur verdict ce vendredi après trois jours de procès. La compagne du papa de Maëlys affirme qu'elle a jeté la petite contre un mur, alors qu'elle l'avait dans les bras, pour pouvoir secourir son fils qui était tombé d'une commode.

Neuf ans de prison requis pour la principe accusée

L’avocat général requiert ce vendredi matin neuf ans de prison pour elle (soit moins d’un tiers de la peine maximale encourue qui était de 30 ans), un suivi psychologique pendant cinq ans, privations de ses droits civiques, civils et de famille pendant cinq ans et interdiction pendant 10 ans d’entrer en contact avec des enfants en bas âge. Contre le père de Maëlys, l’avocat général requiert un an de prison.

Une personnalité très complexe

La jeune femme menue, le teint pâle, se fait toute petite dans le box des accusés. Une jeune femme qui au moment des faits avait 22 ans, deux enfants, de deux pères différents. Un premier de deux ans, un autre de quatre mois. Et une semaine sur deux elle s'occupe aussi de Maëlys, 19 mois la fille de son compagnon. Le père, lui, est absent et comme détaché de l'éducation des enfants.

Je n'ai jamais frappé Maëlys, ni aucun autre enfant."

Que s'est-il passé entre ces quatre murs le 5 décembre 2011 ? Ce jour-là, la jeune femme est seule avec les trois petits. Ils se sont levés tôt vers 7h. Elle se dit épuisée, débordée par les tâches ménagères. Et c'est en voyant son fils de deux ans grimper sur une commode et tomber qu'elle raconte : "J'ai jeté Maëlys pour avoir les mains libres et secourir mon fils." La petite fille aurait alors cogné sa tête contre les pieds du lit. "Maintenez vous ces déclarations madame ?""Oui" "N'est-il pas arrivé autre chose ce jour-là ?""Non, je n'ai jamais frappé Maëlys ni aucun autre enfant." Cinq auditions et autant de scénarios. Mais devant la Cour, l'accusée s'accroche à cette dernière version.

Maintenez vous ces déclarations ?"

"Et pourtant madame votre récit n'est pas compatible avec les constatations des médecins". Des médecins qui affirment qu'un seul choc ne peut pas avoir causé à la fois un hématome cérébral et une fracture de la mâchoire. Le doute plane alors dans la salle d'audience. Et si ça ne s'était pas passé comme ça ce jour-là ? La question sera posée plusieurs fois. "Maintenez vous ces déclarations ?" la réponse sera toujours la même : "Oui, ça s'est passé comme ça..."

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