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Faits divers – Justice

Cour d'assises à Pau : 22 ans de réclusion pour Christophe Boulay, l'assassin de Ger

jeudi 27 septembre 2018 à 20:41 Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn

22 ans de réclusion criminelle pour Christophe Boulay pour avoir tué avec préméditation, à Ger, Ahmid Abidallah. La cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques n'a pas suivi le parquet général qui demandait 30 ans.

Christophe Boulay dans le box des accusés
Christophe Boulay dans le box des accusés © Radio France - Daniel Corsand

Ger, France

Christophe Boulay a été condamné à 22 ans de réclusion criminelle. La cour d'assises des Pyrénées Atlantiques a reconnu coupable cet homme de 45 ans, pour l'assassinat d'Ahmid Abidallah le 24 novembre 2014. Deux coups de carabine mortels pour une dette de stup. Christophe Boulay a ensuite caché le corps de sa victime dans le puits de sa maison à Ger. 22 ans, c'est une peine lourde après quatre jours de débats devant la cour ; quatre jours très défavorables à l'accusé.

Un mauvais accusé

Christophe Boulay n'a pas été bon. C'est ce qui se dit un peu trivialement parfois aux abords d'une salle d'audience. Christophe Boulay n'a pas eu les mots pour passer pour autre chose qu'un assassin pendant ces 4 jours d'audience. L'accusation portée par Béatrice Coppens l'a dit dans ses réquisitions : "vous avez raté l'occasion de reprendre face humaine pendant ces trois jours". "Monsieur Boulay, vous êtes la dernière personne que je souhaiterais avoir comme ami". 

La cour a épluché les faits, mais aussi sa vie et sa personnalité. Il n'a jamais été dit du bien de lui. Même sa fille le premier jour n'a exprimé que haine et dégoût. Tout comme celle qui était sa compagne, depuis 20 ans et jusqu'à son arrestation. Boulay, dans son box, n'a jamais semblé haineux, mais, en revanche d'une froideur inquiétante. Même au moment de raconter dans le détail comment il a exécuté Ahmid Abidallah. 

La parole de la défense

Me Antoine Tugas, l'avocat de Christophe Boulay - Radio France
Me Antoine Tugas, l'avocat de Christophe Boulay © Radio France - Daniel Corsand

Le seul moment favorable à l'accusé pendant ce procès a été sans conteste la plaidoirie de son avocat Me Antoine Tugas.  Il a parlé face aux jurés populaires. Les yeux dans les yeux. Il a rappelé aux magistrats d'un jour que "juger c'est se poser des questions, et ne pas se satisfaire des faux semblants et des faux sentiments". Il a resitué cet assassinat, cette violence dans le contexte de l'addiction à la cocaïne, du monde des stups. "Cette voix qui dit, tous les jours : allez encore un gramme. Ca va être bon" . "Le monde du marchandage, de la duperie et de la tromperie". "Comment faire fi de ce contexte dans ce dossier ?".  L'avocat n'a pas chercher convaincre la cour que ce meurtre n'était pas prémédité. Il lui a demandé juste de ne pas aller jusqu'au 30 ans de réclusion demandé par l'accusation un peu plus tôt dans la matinée, en interrogeant directement les jurés populaires: "demandez-vous qui vous serez dans 20 ans. Lui il n'aura pas changé".

La dignité de la famille Abidallah

La famille Abidallah a assisté en nombre à ce long procès. D'une grande dignité pendant les audiences, comme elle l'a été tout au long de l'enquête. Deux sœurs d'Ahmid ont été entendues par la cour. Elles ont raconté leur deuil, leurs souffrances. Elles ont expliqué que la famille demande seulement la justice et pas la vengeance. "La haine, c'est lui" a dit une des sœurs à propos de Christophe Boulay.

Ils n'ont jamais été dans le registre de la vengeance et de la haine. Mais demeurer à l'écart de la haine ne veut pas dire pardonner. La justice a sanctionné ce crime à la mesure de ce qu'il est. De ce point de vue là, la peine prononcée est en adéquation à ce que la famille attendait — L'avocat de la famille Abidallah

Me Thierry Sagardoytho un des avocats de la famille Abidallah

Me Sagardoytho et François, les avocats de la famille Abidallah - Radio France
Me Sagardoytho et François, les avocats de la famille Abidallah © Radio France - Daniel Corsand