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Faits divers – Justice

Cour d'assises de la Dordogne : du non-dit à la tentative d'assassinat

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Par , France Bleu Périgord

Depuis lundi, un jeune homme de 22 ans comparait devant la cour d'assises de la Dordogne pour avoir tiré au fusil sur le compagnon de sa grand mère le 2 octobre 2015 à Marsac-sur-l'Isle. Il voulait se venger des agressions sexuelles qu'il lui avait fait subir lorsqu'il était enfant.

La cour d'assises de la Dordogne à Périgueux.
La cour d'assises de la Dordogne à Périgueux. © Radio France - Camille Huppenoire

Marsac-sur-l'Isle, France

Le jeune homme comparaît libre après un an de détention. Il est aujourd’hui sous contrôle judiciaire. Le 2 octobre 2015 à Marsac-sur-l'Isle, il a tiré sur le compagnon de sa grand-mère avec le fusil de chasse de son père, une cartouche qui l'a touché à l'aisselle. La volée de plombs a provoqué un grave traumatisme au thorax entraînant 60 jours d'incapacité totale de travail. 

Un geste guidé par la volonté de se venger

Lorsqu'il était enfant, cet homme l'avait agressé sexuellement lui, ses sœurs et ses cousines. Il avait bien été condamné à 18 mois de prison avec sursis en 2007, mais la peine n'avait pas suffi à calmer la colère du jeune homme qui n'a cessé de croître au fil des années. 

Ça me suivait tout le temps, comme si j'avais une tâche. C'était difficile d'en parler. 

Il n'en parlait pas, et ses proches non plus. La première journée du procès a plongé les jurés dans une drôle de famille où l'on ne se dit rien. Sa mère qui ne le voyait que le week-end après une séparation ne voulait pas gâcher ce temps précieux, son père espérait qu'il allait passer à autre chose, avouant à la barre : "Je me suis voilé la face, je n'ai pas vu que mon fils souffrait." Sa sœur, ses amis : "On évitait d'en parler." Ces non-dits mortifères ne l'ont pas aidé à s'en sortir. Mais le coup de grâce est sans doute venu de sa grand-mère maternelle qui a pris le parti de son compagnon contre ses petits enfants. Elle est d'ailleurs partie civile au procès aux côtés du vieil homme contre son petit fils.

"Je n'ai rien vu, je ne l'ai pas cru"

Car contre l'évidence, les aveux de son compagnon, les accusations de ses petits-enfants, la condamnation de la justice à 18 mois de prison avec sursis, elle refuse de croire à la culpabilité de son compagnon : "Il a avoué parce qu'il avait peur, moi je n'ai rien vu et j'étais tout le temps derrière les petits." La vice-procureure Anne-Claire Gallois la pousse dans ses retranchements et la grand mère vacille : "Je me suis peut être trompée." Dans la salle, ses petites filles pleurent, la vieille dame revient s’asseoir tout près de celui qui a été condamné pour avoir agressé sexuellement ses petits-enfants, incapable sans doute d'assumer cette erreur qui l'a coupée de toute sa famille.

À la barre, le jeune homme dit "avoir tourné la page." "Aujourd'hui je ne lui ferai plus rien .Je n'ai pas d'idée de vengeance." Reste à en convaincre les jurés. Le verdict est attendu mercredi.

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