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Faits divers – Justice

Cour d'assises de Pau : les stratagèmes et le sang-froid de Christophe Boulay

mardi 25 septembre 2018 à 18:05 Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn

Pour ce deuxième jour d'audience, ce mardi, la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques a examiné les faits. Comment il a tendu un guet-apens à Ahmid Abidallah la victime, et comment il a embrouillé les enquêteurs.

La table des scellés de la cour d'assises
La table des scellés de la cour d'assises © Radio France - Daniel Corsand

Ger, France

A Pau, la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques s'est intéressé aux faits ce mardi : les circonstances de cet assassinat commis le 24 novembre 2014 à Ger, chez Christophe Boulay. Ce dernier devait de l'argent à la victime ; une dette de stupéfiant. Il l'a abattue de deux coups de carabine, et caché ensuite le cadavre dans le puits situé dans la cour de sa maison. Il est poursuivi pour des faits très graves, assassinat. Les plus graves même. Mais son attitude après les faits risque aussi de peser lourd auprès du jury. Il en a beaucoup été question ce mardi à l'audience, avec les policiers et gendarmes qui ont mené l'enquête. 

Christophe Boulay dans le box des accusés - Radio France
Christophe Boulay dans le box des accusés © Radio France - Daniel Corsand

Il a baladé les enquêteurs

Il a tenté pendant des mois de balader les enquêteurs. En faisant mine de collaborer avec les policiers et les gendarmes qui enquêtaient sur la disparition d’Ahmid Abidallah. Il a pris le téléphone sur sa victime et avec celui-ci s'est envoyé un faux texto. Il a écrit : "Je vais voir Lulu parce qu'il me carotte.” Détournant les soupçons sur ce Lulu qui sera placé en garde à vue. Il a prétendu que ce soir là Ahmid était accompagné d'un homme qu'il ne connaissait pas. Il en fait le portrait robot. Il a dit aussi qu'Ahmid avait rendez-vous avec un autre à Tarbes. Lui aussi a été inquiété du coup. Il a tout fait pour compliquer la tâche des enquêteurs.

Le sang-froid de Christophe Boulay

Et puis il y a aussi le sang-froid dont il a fait preuve ce soir là. Le gendarme directeur d'enquête l'a dit devant la cour : "C’est Boulay qui attire Ahmid Abidallah, c'est clair.” Il ne lui a pas laissé la moindre chance. Il était dans le noir. Quand Ahmid est apparu, il a tiré à une quinzaine de mètres avec une vieille carabine 22 long riffle, empruntée à un ami quelques heures plus tôt. Il l'a achevé, à bout portant, d'un tir dans la nuque. Il l'a caché sous une bâche dans un premier temps, avant d'utiliser un diable pour le précipiter dans ce puits, sous un tas de gravats. Quelques jours après il a eu la présence d'esprit de couvrir le tout de chaux. Il a vécu pendant dix mois avec ce cadavre dans sa cour.

La garde à vue "coup de bluff" 

Christophe Boulay a pris la peine d'utiliser le portable d'Ahmid Abidallah, comme si ce dernier avait survécu à leur rendez-vous ; pour s'auto-innocenter. Boulay a donc été laissé libre après une première garde à vue de quelques heures. Mais les enquêteurs n'arrivaient pas à fermer définitivement la piste Boulay. Et c'est une petite anomalie qui a mis les enquêteurs sur la voie ; un détail "sémantique" dans un des SMS que Boulay s'est envoyé à lui-même avec le téléphone d'Abidallah, après sa mort. Il parle d'une connaissance commune qu'il appelle "Lulu". Un surnom qu'Abidallah ne connaissait pas et que seul Boulay utilisait. Un élément trop mince. Alors les enquêteurs ont décidé une garde à vue "coup de bluff". Et ça a marché : Christophe Boulay est passé aux aveux tout de suite. À la grande surprise des enquêteurs eux même. Le gendarmes de la section de recherche a même dit à la cour. "Quand on pêche un gros poisson qui ne se défend pas, on est un peu déçu".