Faits divers – Justice

Cour d'assises de Pau : un accusé de viol fuyant face à sa belle fille

Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn lundi 26 septembre 2016 à 21:15

La barre des témoins à la cour d'assises de Pau
La barre des témoins à la cour d'assises de Pau © Radio France - Daniel Corsand

Devant la cour, Manuel (*) nie avoir abusé d'Annaïs, la fille de sa compagne. La victime est venue à la barre de la cour d'assises de Pau, raconter son calvaire qui a duré 8 ans. De l'âge de 8 ans jusqu'à ses 16 ans.

La cour d'assises des Pyrénées Atlantiques juge un homme de 44 ans depuis ce lundi matin. Il est soupçonné d'avoir, dans la région d'Oloron, violé sa belle fille (la fille de sa compagne) pendant 8 ans. De 8 à 16 ans. Le procès a débuté par l'audition de l'accusé et sa victime présumée. Deux récits radicalement opposés. Le beau père nie farouchement depuis le début, malgré un dossier très lourd, et les accusations précises et constantes de sa belle fille Annaïs qui a 20 ans aujourd'hui.

"Je n'ai jamais touché cette fille"

La seule chose que Manuel confesse c'est de s'être laissé faire à une reprise : "une fois je me suis laissé toucher". Une seule scène. Annaïs est entrée dans sa chambre où il faisait la sieste et s'est mise à le caresser. C'est encore pire que s'il niait tout. "J ai jamais touché cette fille". "Donc elle ment?" demande le président Bobille. "oui" répond Manuel. En écoutant Annaïs, c'est la nausée. Elle raconte les attouchements et les frottements qu'elle a endurée dès ses 8 ans. Elle raconte le jeu de la balançoire, au moment de la sieste.

Après sa puberté elle va subir toutes les formes de viols, 3 ou 4 fois par semaine. Rien n'est éludé à l'audience. Annaïs raconte à la barre, en pleurant mais sans flancher. A la Saint Valentin il lui offre de la lingerie, comme à sa mère. Il est jaloux. Il lit ses SMS. Le Président Bobille tente la confrontation à l'audience. Il demande à Manuel de se lever. Il évite le regard de sa belle fille. "Vous voulez lui dire quelques chose ?" "Je lui souhaite une belle vie". Le président s’étonne : "Quel humanisme ! Elle vous accuse de faits terribles, qui valent 20 ans de prison. Elle a cassé votre famille. Quelle générosité ! Vous le lui criez pas votre innocence ? "Moi je suis innocent" , dit-il dans un filet de voix à peine audible.

Annaïs avec son avocat Me Jean Michel Pardo - Radio France
Annaïs avec son avocat Me Jean Michel Pardo © Radio France - Daniel Corsand

Tant que je suis reconnue victime, s'il ne reconnait pas les faits tant pis pour lui. J'éprouve beaucoup de haine. Je tiens énormément à mes petits frères. Ils se tournent contre moi au cause de lui (...) Il m'a gâché mon enfance. Je ne vais pas me sentir mal. Je ne vais pas baisser la tête. Je vais me marier l'été prochain. Je souhaite me construire comme quelqu'un de "normal" on va dire — Annaïs au micro de France Bleu Béarn

Annaïs a voulu un procès public pour que la honte change de camp

Verdict ce mardi soir.

(*) Le prénom a été changé

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