Faits divers – Justice

Cour d'Assises du Loiret : a-t-il tué son fils handicapé par désespoir ?

Par Eric Normand, France Bleu Orléans mardi 19 janvier 2016 à 6:22

Un terrible procès devant la Cour d'Assises du Loiret
Un terrible procès devant la Cour d'Assises du Loiret © Radio France - Stéphane Barbereau

C’est un terrible procès qui s’ouvre ce mardi devant la Cour d’assises du Loiret à Orléans. Le procès d’un père de famille qui en décembre 2011 avait tenté de se suicider, en entraînant dans sa mort l’un de ses deux fils polyhandicapé.

Les jurés seront face à un sacré dilemne lors du procès qui s’ouvre ce mardi devant la Cour d’Assises à Orléans. Le père de famille qui avait tenté de se suicider sur les routes du Loiret comparaît pendant trois jours pour assassinat. L'homme imagine un accident au cours duquel il se tue avec l’un de ses deux fils polyhandicapé. Il met à exécution son macabre stratagème en 2011. 

Ce 26 décembre 2011, au petit matin, cet habitant de Férolles lance son véhicule Scénic contre un arbre route de Jargeau à Tigy. L’enfant est en pyjama, il est assis entre les jambes de son père au volant. Aucune ceinture n’est attachée. Le choc est très violent, l'enfant meurt sur le coup. Le père, lui, a survécu à ses très nombreuses et graves blessures. Le père âgé aujourd’hui de 41 ans est entendu dès le lendemain. Il reconnait avoir voulu y rester avec son fils pour que l’enfant ne soit plus une charge, une plaie pour sa femme. L'homme est dépressif avec un lourd traitement médical en cours. De plus, ce technicien dans une entreprise de bâtiment et travaux publics de Châteauneuf-sur-Loire craint à l’époque un nouveau licenciement.

Né prématuré, le petit Samuel souffre du syndrome de West. 

Samuel meurt à l'âge de 10 ans à la suite de cet accident volontaire. Atteint d’infirmité cérébrale, épileptique, tétraplégique, son état le rend dépendant pour tous les actes de la vie quotidienne. Sa mère a cessé le travail pour s’occuper de lui. Cet enfant décrit comme joyeux est aimé par son père. Mais ce père choisit pourtant d’en finir en l’entraînant avec lui dans la mort. Libre et placé sous contrôle judiciaire, il vit aujourd'hui toujours avec sa femme qui lui en veut mais « qui parle de geste d’amour », un geste que les jurés vont avoir la lourde tâche d’appréhender. A la demande des parties civiles, le procès pourrait avoir lieu à huis clos. Il doit se tenir jusqu’à jeudi.