Faits divers – Justice

L'altercation avait conduit à la mort d'un sexagénaire à Tomblaine : un jeune homme comparaît devant les assises

Par Mohand Chibani, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu mercredi 14 décembre 2016 à 17:58

Un jeune homme de 24 ans comparaît devant les assises pour une altercation qui a très mal tourné.
Un jeune homme de 24 ans comparaît devant les assises pour une altercation qui a très mal tourné. © Maxppp - Alexandre Marchi

Les faits remontent au 29 novembre 2011, à Tomblaine, Jacques Lacroix, un retraité de 66 ans, est pris à partie par un jeune homme qui l’accuse d’avoir rayé sa voiture. L’altercation se termine par le décès du retraité. L'agresseur présumé comparaît depuis ce mercredi aux assises.

Que s’est-il vraiment passé devant la Poste de Tomblaine entre Jacques Lacroix, retraité de 66 ans, et Angelo Coussantien, 19 ans, ce jour de novembre 2011 ? C’est ce que tente de savoir la cour d’assises de Meurthe-et-Moselle depuis ce mercredi à Nancy. Dans le box des accusés, le jeune homme refuse d’endosser la responsabilité de la mort du retraité, alors que les témoins et les experts semblent l’accabler.

Mort pour un motif futile et ridicule

Les faits remontent au mardi 29 novembre 2011. Jacques Lacroix se rend à la Poste, lorsque, sur son passage, il frôle une voiture mal garée. A l'intérieur du véhicule, Angelo, 19 ans à l'époque des faits, descend et empoigne le vieil homme. Il lui reproche d'avoir rayé sa voiture avec une clé et il souhaite rédiger un constat explique son avocat. Mais le retraité se débat, et c'est là que les versions divergent.

Le jeune homme affirme avoir relâché rapidement sa victime, tandis que des témoins expliquent avoir vu l'agresseur pousser violemment sa victime qui tombe en arrière, sa tête heurte alors le sol. Les pompiers interviennent et souhaitent prendre en charge Jacques Lacroix, mais il refuse et préfère rentrer chez lui. Mais dans les heures qui suivent, son état de santé se dégrade. Il est hospitalisé d'urgence et les médecins découvrent du sang dans le cerveau. Malgré l'opération, Jacques Lacroix décède deux semaines plus tard.

C'est le battement d'aile du papillon qui provoque un tsunami

"Pas de doute", plaide Maître Guillemard, l’avocat de la famille de la victime, "c’est cette violence qui entraîné la mort de Monsieur Lacroix. Les lésions cérébrales causées par le choc sur le bitume ont entraîné le décès. Le lien de causalité est évident. Pour moi, c’est de la violence gratuite, de la violence qui survient sur un motif futile, voire ridicule".

L’avocat de l’accusé, Me Bernard, réfute le lien de causalité : "Si on pouvait faire une comparaison, c’est le battement d’aile de papillon qui va déclencher un tsunami non voulu à l’autre bout du monde, et mon client est là pour répondre d’un tsunami, alors qu’au départ le geste est anodin." Autrement dit, l’altercation n’est qu’un élément déclencheur du décès, mais pas la raison principale.

La victime souffrait de problèmes cardiaques, il était sous traitement anticoagulant qui aurait aggravé l’hémorragie cérébrale. Le verdict est attendu pour vendredi.

Maître Guillemard, avocat de la famille de Jacques Lacroix

Maître Bernard, avocat de l'accusé