Faits divers – Justice

"Courageux" djihadistes : Jean-Marc Rouillan, ancien d'Action directe, condamné à 8 mois de prison

Par Raphaël Godet, France Bleu mercredi 7 septembre 2016 à 15:39

Jean-Marc Rouillan, le cofondateur de l'organisation armée d'extrême-gauche Action directe.
Jean-Marc Rouillan, le cofondateur de l'organisation armée d'extrême-gauche Action directe. © AFP - LIONEL BONAVENTURE

L'ancien membre d'Action directe Jean-Marc Rouillan a été condamné ce mercredi à huit mois de prison pour apologie du terrorisme. Il avait qualifié de "courageux" les djihadistes qui ont frappé la France le soir du 13 novembre.

Jean-Marc Rouillan, qui a retrouvé la liberté en mai 2012 après 24 ans de prison, pourrait bien y retourner. Le cofondateur d'Action directe, aujourd'hui âgé de 64 ans,  a été condamné ce mercredi à huit mois de prison pour apologie du terrorisme par le tribunal correctionnel de Paris. Jean-Marc Rouillan a aussi été condamné à verser un euro de dommages et intérêts à l'Association française des victimes du terrorisme, et 300 euros à chacune des 30 victimes des attentats du 13 novembre qui se sont constituées parties civiles. Le parquet de Paris était allé plus loin lors de l’audience du 24 juin, il avait requis un an de prison.

Que lui reproche-t-on ? 

Le 23 février dernier, Jean-Marc Rouillan participe à l'enregistrement de l'émission "La Grande Tchatche" diffusée sur les ondes de Radio grenouille. Celui qui a cofondé le groupe armé d'extrême gauche Action directe va alors qualifier les djihadistes qui ont frappé la France en novembre 2015 de "très courageux".

Moi, je les ai trouvés très courageux, en fait. Ils se sont battus courageusement: ils se battent dans les rues de Paris [alors qu'ils] savent qu'il y a 2000 ou 3000 flics autour d'eux

"J'ai été très maladroit"

Le 24 juin dernier, devant le tribunal correctionnel de Paris, Jean-Marc Rouillan s'était défendu, en expliquant avoir été "maladroit", qu'il aurait dû employer le terme "déterminés" pour parler des djihadistes avec lesquels il n'a "aucune connivence", "ce sont des ennemis".

Un très lourd passé

Le tribunal a considéré que Jean-Marc Rouillan, qui a lui-même fait partie d'un "mouvement terroriste", avait "fait preuve d'empathie" à l'égard des auteurs des attentats en France. L'homme avait en effet été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour les assassinats terroristes de l'ingénieur général de l'armement René Audran et du PDG de Renault Georges Besse. Il avait été réincarcéré après une interview dans L'Express en 2007, dans laquelle il déclarait qu'il ne "crachait" pas sur tout ce qu'il avait fait, violant ainsi l'interdiction qui lui est faite de s'exprimer publiquement sur des faits pour lesquels il avait été condamné.

Action directe était un groupe armé d'extrême gauche à l'origine de plusieurs attentats et assassinats dans les années 1980.

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