Faits divers – Justice

Courtillers : un Sarthois condamné à 30 ans de prison pour un double assassinat

Par Alexandre Chassignon, Maïwenn Lamy et France Bleu, France Bleu Maine et France Bleu jeudi 13 octobre 2016 à 22:32

Les scellés du drame de Courtillers, dont l'arme du crime.
Les scellés du drame de Courtillers, dont l'arme du crime. © Radio France - Alexandre Chassignon

Les assises de la Sarthe ont condamné Antonio Fernandès à 30 ans de prison, ce jeudi. Il a été jugé coupable de l'assassinat de son ex-compagne et de la tante de celle-ci, en 2012 à Courtillers, petite commune du Sud-Sarthe.

Même lui avait reconnu avoir "probablement tort". Antonio Fernandès a bien tué, le 7 juillet 2012, son ex-compagne Laurence Cormier et la tante de celle-ci, Martine Martin. La cour d'assises de la Sarthe l'a condamné pour ce double assassinat à 30 ans de prison, la peine requise par l'avocat général.

"Une peine sévère", pour l'avocat de la défense car les jurés ont retenu la préméditation, circonstance aggravante réclamée par le parquet et les avocats des parties civiles, et estimé que son discernement n'était pas altéré au moment des faits.

Menaces et cartouches

Quatre jours avant le drame, il s'était procuré un fusil de chasse et l'avait chargé de deux cartouches à gros gibier. Le matin même, après avoir convenu avec son ex-belle famille du déménagement d'une chambre, il a glissé quatre autres cartouches dans sa poche. Un comportement qu'il n'a pas expliqué à l'audience, et qui ne coïncide pas avec sa version des faits. Il a toujours soutenu avoir voulu se suicider, et avoir tué les deux femmes "par accident".

Devant les incohérences de son récit, contredit par l'enquête sur des points aussi importants que l'emplacement des corps des victimes, il a admis à l'audience les limites de ses "souvenirs".

Des souvenirs, il en a laissé de nombreux, et pas des bons. Une dizaine de témoins l'avaient auparavant entendu proférer des menaces envers son ex-compagne, dont il venait de se séparer. La femme âgée de 42 ans n'avait jamais déposé plainte. Elle était passée à la gendarmerie de Sablé le matin du drame, signaler qu'elle se rendait chez lui. Elle avait précisé qu'elle ne se sentait pas spécialement menacée mais qu'elle appellerait en cas de problème.

Antonio Fernandès a tenté de se suicider tout de suite après le double assassinat, d'une décharge de plombs dans la tête. Il a survécu à ses blessures mais reste défiguré et s'exprime avec difficulté. Sa libération en 2014 avait suscité la colère des proches des victimes. Aujourd'hui, il accepte le verdict et ne compte pas faire appel.

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