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Adoption à Coutances : "on m'a demandé de dire que j'étais orpheline"

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Par , France Bleu Cotentin

Née en 1997 en Ethiopie, Julie grandit en Normandie dans sa famille adoptive, mais elle n'aurait jamais dû être adoptée. Elle accuse une association coutançaise de tromperie. Selon elle, l'association savait qu'il lui restait une mère vivante en Ethiopie. Elle raconte son histoire.

Julie Foulon a 6 ans lorsqu'elle est adoptée. Forcée à dire qu'elle n'avait plus de famille.
Julie Foulon a 6 ans lorsqu'elle est adoptée. Forcée à dire qu'elle n'avait plus de famille. - © Editions Baudelaire

En 2003, alors que Julie Foulon n'avait que 6 ans, une famille normande l'adopte avec sa petite sœur de 4 ans via l'association des Enfants de Reine Miséricorde (ERM), basée à l'époque à Coutances. Selon l'association, les fillettes éthiopiennes sont orphelines, le père mort d'un accident de voiture, la mère morte d'une maladie. Sauf que d'après Julie, si son père est bien décédé peu avant son adoption, sa mère biologique, elle, est bien vivante

Julie a aujourd'hui 23 ans, elle raconte ses souvenirs qui ne concordent pas avec la version donnée par ERM.

A la mort de mon père, ma mère biologique s'est retrouvée toute seule pour élever sept enfants. Elle avait besoin d'aide pour rebondir

Sa mère biologique demande de l'aide et "un homme" lui affirme qu'il existe une solution temporaire : envoyer ses deux plus jeunes filles à l'étranger jusqu'à leurs 18 ans. L'homme revient plus tard, prend Julie à part et lui "apprend à mentir".

Il me demande de dire que ma mère est morte de maladie. J'ai six ans, je ne comprends pas pourquoi on me demande ça, parce que c'est faux. Mais je suis une enfant, alors je le fais

Puis une nuit, l'homme l'emmène avec sa sœur à l'orphelinat des Enfants de Reine Miséricorde, à Addis-Abeba. Et là encore, on lui demande de garder le secret.

La bataille des racines 

Elle garde le secret trois ans. S'en suit une bataille entre sa famille adoptive et l'association pour savoir ce qu'il s'est passé. Le président d'ERM se rend sur place et constate que Julie a raison : sa mère est vivante. 

A partir de là, _on nous dit que c'est ma mère qui a menti_, qu'elle s'est faite passer pour notre tante pour nous abandonner. J'y ai cru. Alors j'ai demandé à lui écrire une lettre pour comprendre.

Une réponse arrivera une année plus tard. Dans cette lettre, Julie est frappée par la froideur du ton employé.

Il n'y a aucune compassion, elle écrit qu'elle nous battait. Mais ça ne correspond pas avec mes souvenirs

Des témoignages étrangement similaires  

Face à tant d'incohérences, Julie abandonne et décide de croire l'association. Elle écrit un livre, "Sara et Tsega", publié en 2020. Et reçoit plusieurs témoignages similaires à son histoire. Des histoires qui mettent en cause les Enfants de Reine Miséricorde et d'autres associations. Avec l'aide de ses parents adoptifs, Julie étudie son dossier et se renseigne sur ces adoptions illégales . En 2009, 9 orphelinats éthiopiens ont perdu leur licence en raison de pratiques illégales (faux témoignages, falsification de documents...). Elle est désormais persuadée d'avoir été trompée. Elle a porté plainte, ainsi que deux autres familles. 

François Vivier, président de l'association des Enfants de Reine Miséricorde, nie l'implication de l'association. 

Julie Foulon le dit elle-même dans son livre, c'est sa mère qui a menti. Depuis 1990, 1575 enfants ont été adoptés depuis l'Ethiopie. Nous avons toujours travaillé dans les règles. D'ailleurs, de nombreuses personnes adoptées via notre association peuvent confirmer.

Il estime qu'au contraire, l'association était très vigilante sur le sujet. 

Au tout début, dans les années 1990, on a travaillé avec des orphelinats éthiopiens et puis _on a eu des doutes sur les procédés_. On a arrêté de travailler avec eux et nous l'avons signalé aux autorités. Ces orphelinats ont perdu leur licence et ont fermé. Depuis 2016, nous avons complètement arrêté de travailler avec l'Ethiopie.

Julie a aujourd'hui reprit contact avec sa mère biologique. Elle affirme n'avoir jamais écrit de lettre et ne s'être jamais faite passer pour morte.

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