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Covid : "Quel paysage allons-nous découvrir maintenant ?" s'interroge le directeur d'un centre d'addictologie

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

À Saint-Étienne, l'association Rimbaud et son centre d'addictologie suivent des centaines de personnes et la crise sociale que vit notre pays ne va sans doute pas arranger les choses.

Les addictions, un phénomène plus que jamais d'actualité.
Les addictions, un phénomène plus que jamais d'actualité. © Maxppp - David Casasús

France Bleu Saint-Étienne Loire - On dépeint Saint-Étienne et la Loire également comme une région particulièrement touchée par les points de deal. Est-ce que ça veut dire que votre activité ne faiblit pas, voire augmente le temps passant ?

Stéphane Riou, directeur de l'association Rimbaud -C'est compliqué, avec le contexte actuel de la pandémie, d'estimer que nos activités sont en augmentation. Peut être que ce qui est en augmentation, c'est l'action de la justice. Notre action est bien différente de l'action de la justice. Notre domaine c'est la santé même si il y a énormément de corrélations et de lien, évidemment, avec l'activité de la justice.

Même si celles et ceux qui viennent vous voir n'ont pas forcément affaire à la justice ?

Il y a énormément de diversité dans les façons de venir au centre Rimbaud. L'une d'entre elles, c'est effectivement d'avoir une contrainte de justice et de devoir venir au centre et d'y exécuter d'une certaine façon cette obligation. On les appelle des obligation de soins, sursis mise à l'épreuve, rappel à la loi. Toutes ces obligations auxquelles nous pouvons participer. Il y a aussi effectivement tout le volet des personnes qui viennent, qui sont mineures ou majeures, des personnes parfois d'un certain âge aussi, et qui viennent au centre pour tenter de résoudre cette difficulté de vie.

Il faut être prêt à pousser la porte quand il n'y a pas cette contrainte de justice. C'est un geste que tout le monde n'est sans doute pas prêt à faire...

Probablement parce que pousser la porte de Rimbaud, c'est un marqueur social, un stigmate, comme on dit. Un stigmate qui est plutôt négatif, d'abord vis à vis de la société. Globalement, pousser la porte du centre Rimbaud, c'est aussi être d'une certaine façon catégorisé si jamais on y était aperçu. C'est aussi un travail difficile à faire sur soi, qui est de reconnaître qu'on est très en difficulté avec l'utilisation d'un produit, quel qu'il soit, ou avec un comportement.

On rapproche souvent l'addiction à la précarité. Est ce que vous craignez dans les semaines, dans les mois qui viennent, que ce qui est en train de s'installer, une crise économique et sociale, amène à des nombreuses addictions supplémentaires ?

Il y a déjà des études et évaluations qui sont faites, particulièrement auprès du public adolescent. Il y a déjà des signes qui nous indiquent que cette période de pandémie a créé de nombreux isolement, de nombreux mal-être. On l'a tous vu et vécu dans nos familles et peut être aussi à titre personnel. L'addiction est un processus qui vise à trouver un peu de plaisir dans un vécu traumatique est, ou est en train de devenir, une "solution", c'est à dire une mauvaise solution. Une espèce de stratégie plus ou moins construite pour essayer de survivre psychiquement au moment qu'on est en train de vivre collectivement.

Une mot sur la manière dont vous avez accompagné les personnes victimes d'addiction en cette période de Covid. Il faut de la confiance, il faut se rencontrer. Vous n'avez pas pu le faire ces derniers mois ?

On l'a fait au ralenti. Le Covid a cassé les liens, les liaisons entre les différentes strates de notre fonctionnement social et nous en faisons partie. Ces liaisons étant au ralenti, nous n'avons pas pu, comme d'habitude rencontrer les gens. Aujourd'hui, on a un redémarrage de l'activité depuis quelques semaines, on voit revenir les gens sur l'accueil de façon beaucoup plus spontanée. Nous ne savons pas quel paysage nous allons découvrir à partir de maintenant. Les études montrent, comme je le disais, que ce n'est pas terrible ce qui va se passer pour pas mal de Français. Nous allons être présents, bien entendu, pour tout le monde.

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