Faits divers – Justice

Crash de l'A320 : le copilote a suivi des traitements pour "tendances suicidaires" par le passé

Par Julie Guesdon, France Bleu lundi 30 mars 2015 à 16:13

Andreas Lubitz, le copilote de l'A320 qui s'est écrasé dans les Alpes
Andreas Lubitz, le copilote de l'A320 qui s'est écrasé dans les Alpes © MaxPPP

La justice allemande a dévoilé ce lundi que le copilote à l'origine du crash de l'A320 qui a fait 150 victimes mardi dernier dans les Alpes -de-Haute-Provence avait été traité pour "tendances suicidaires". Ces soins sont intervenus bien avant l'obtention de son diplôme mais remettent en question la nécessite de briser le secret médical pour les professions dites "à risque".

Andreas Lubitz avait été soigné pour "tendances suicidaires" par le passé. La justice allemande a révélé ce lundi de nouveaux éléments sur le copilote accusé d'avoir précipité un Airbus A320 de la compagnie Germanwings dans les montagnes des Alpes-de-Haute-Provence mardi dernier, avec 149 personnes à bord.

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Le copilote, dont on avait appris la lourde dépression six ans plus tôt, "a été en traitement psychothérapeutique pour des tendances suicidaires il y a de nombreuses années" , selon le procureur de Düsseldorf. Ralf Harrenbrück a toutefois précisé que ces soins s'étaient déroulés "avant l'obtention de son permis de pilotage" et que les récentes consultations médicales n'attestaient ni "tendance suicidaire" , ni "agressivité à l'égard d'autrui".

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Les récentes révélations autour de l'état de santé du copilote suscitent actuellement un vif débat en Allemagne autour du secret médical pour les métiers dits "à risque". 

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Débat en Allemagne sur le secret médical

Plusieurs responsables politiques, comme l'expert en questions de transport du parti conservateur Dirk Fisher, ont proposé que pour plusieurs professions sensibles, comme celle de pilote, ce soit les employeurs qui désignent des médecins. Ces praticiens "devraient être libérés de leur obligation au secret dans le cadre des communications avec l'employeur et les autorités de l'aviation civile".

Une proposition partagée par le député social-démocrate Karl Lauterbach. Ce professeur de médecine estime qu'un médecin "a le devoir d'informer un employeur sur l'incapacité d'un collaborateur à travailler" dans le cas où ce dernier est "responsable de la vie d'autrui" .

De manière moins radicale, le député CDU Thomas Jarzombek a proposé la création d'une commission d'experts pour étudier comment doivent être pris en charge la maladie de ces personnes qui, dans leur travail, engagent la santé ou la vie d'autrui.

Ce débat n'est pas simple. Les pilotes doivent toutefois se sentir libres de discuter ouvertement avec leur médecin "sans craindre que leur employeur soit tenu au courant".