Faits divers – Justice

Crash de l'A320 : le copilote voulait que "tout le monde" connaisse son nom

Par Vincent Mangin, France Bleu Azur, France Bleu Provence, France Bleu Roussillon et France Bleu Vaucluse samedi 28 mars 2015 à 7:53 Mis à jour le samedi 28 mars 2015 à 15:20

Andreas Lubitz, le copilote de l'A320 qui s'est écrasé dans les Alpes
Andreas Lubitz, le copilote de l'A320 qui s'est écrasé dans les Alpes © MaxPPP

Selon une de ses anciennes petites amies citée ce samedi par le quotidien allemand Bild, Andreas Lubitz souffrait de ne pouvoir devenir commandant de bord en raison de ses problèmes de santé. Il aurait dit à la jeune femme "Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s'en souviendra".

Nouvelles révélations ce samedi matin après le crash de l'airbus A320 de la Germanwings. Dans une interview publiée par le quotidien allemand Bild, Maria W. l'ancienne petite amie du copilote raconte qu'il lui avait dit qu'un jour "tout le monde connaîtrait (son) nom".

"Il se réveillait et criait 'Nous tombons'"

Cette hôtesse de l'air de 26 ans, qui a eu une liaison durant quelques mois avec Andreas Lubitz  déclare que lorsqu'elle a entendu parler du crash, une phrase du jeune homme lui est "revenue en mémoire : "Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s'en souviendra" .Le jeune femme estime que son ex petit ami souffrait d'une grande frustration professionnelle. S'il "a fait ça", "c'est parce qu'il a compris qu'à cause de ses problèmes de santé, son grand rêve d'un emploi à la Lufthansa, comme capitaine et comme pilote de long courrier était pratiquement impossible", affirme-t-elle encore.

Maria W explique s'être séparée d'Andreas Lubitz "parce qu'il devenait de plus en plus clair qu'il avait un problème. Pendant les discussions, il craquait et me criait dessus (...) La nuit, il se réveillait et criait 'Nous tombons'", en proie à des cauchemars.

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En arrêt maladie le jour du drame

Vendredi, l'enquête a révélé que le copilote avait caché qu'il était en arrêt maladie le jour de l'accident .Le procureur de Düsseldorf, a annoncé que des attestations d'arrêt maladie avaient été retrouvées déchirées chez Andreas Lubitz, mais aucune lettre d'adieu qui dévoilerait un acte prémédité à l'origine de la catastrophe n a été découverte pour l'instant. Ces documents saisis viennent "appuyer la thèse" selon laquelle le jeune homme "a caché sa maladie à son employeur et à son environnement professionnel", selon le magistrat les documents retrouvés attestent d'une "maladie existante et de traitements médicaux correspondants", a précisé le procureur qui n'a pas révélé la nature de la maladie. Mais selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, qui ne cite pas de source, les arrêts seraient "apparemment" signés d'un "neurologue et psychiatre" .

Troubles psychiatriques ? 

Une thèse encore confortée samedi par des informations du Welt am Sonntag, selon qui les enquêteurs ont découvert au domicile de Lubitz "de très nombreux médicaments" destinés à soigner des "maladies psychiques". Le jeune homme, "gravement dépressif", aurait souffert d'un stress important et avait été pris en charge par "plusieurs neurologues et psychiatres".

Il y a six ans, alors qu'il suivait sa formation de pilote, Andreas Lubitz avait souffert d'une grave dépression, avait révélé le quotidien Bild, sur la base de documents officiels auxquels il a eu accès. Le pilote faisait l'objet d'un suivi "médical particulier et régulier" depuis lors, selon le quotidien. Présenté par ses proches comme sportif et "très compétent", Andreas Lubitz avait interrompu son apprentissage "pendant un certain temps" avant de l'achever normalement et d'entamer sa carrière de copilote en 2013, selon des indications fournies jeudi par le patron de la Lufthansa, Carsten Spohr. Ce dernier souligné ne pas avoir le droit d'en dire plus sur le motif de l'interruption de sa formation. Il avait insisté sur le fait que Andreas Lubitz avait passé avec succès tous les tests, y compris psychologiques, au moment du recrutement. L'enquête sur le drame, conduite par la justice française, s'est étendue jeudi à l'Allemagne après les révélations sur un possible acte volontaire du copilote, soupçonné d'avoir précipité l'appareil au sol tout en empêchant le commandant de bord de regagner le cockpit qu'il venait de quitter pour quelques minutes .La catastrophe a causé la mort des 144 passagers et des 5 membres d'équipage de l'Airbus.

> NOTRE DOSSIER : le crash de l'A320 Germanwings