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Faits divers – Justice

Crash de la Caravelle : La thèse du missile prend du galon

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Par , , France Bleu RCFM

Le juge chargé de l'enquête sur le mystérieux crash du vol Ajaccio-Nice, qui avait fait 95 morts le 11 septembre 1968, a estimé qu'il fallait prendre "très au sérieux" la thèse d'un tir de missile accidentel touchant l'arrière de l'appareil, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

Une Caravelle SE-210 III, semblable à celle qui transportait les passagers d'Ajaccio, et qui n'est jamais arrivée à Nice
Une Caravelle SE-210 III, semblable à celle qui transportait les passagers d'Ajaccio, et qui n'est jamais arrivée à Nice - Flickr

Nice, France

La thèse qu'un exercice militaire mal maîtrisé en Méditerranée a provoqué la disparition des passagers et personnels navigants est désormais accréditée par un juge d'instruction... plus de 50 ans plus tard ! Les proches des victimes constitués en partie civile demandent toujours la vérité et réitèrent depuis de nombreuses années la levé du secret défense.

Après la catastrophe, l'enquête avait débouché sur un non-lieu, concluant à un incendie à bord lié au chauffe-eau des toilettes. Une thèse qui n'a jamais pu satisfaire les familles des victimes. Les faits avaient été déclarés prescrits, avant que le dossier ne soit rouvert pour "soustraction et recel de preuves" en 2011 sur l'insistance des familles. 

Une levée du secret défense avait été officiellement requise fin mars 2018 par le juge Chemama, pour qui la thèse d'un tir de missile accidentel touchant l'arrière de l'appareil "doit être prise très au sérieux", selon un document dont l'AFP a pris connaissance. 

Emmanuel Macron avait demandé "que la lumière soit faite sur cette tragédie". Seulement, aucun document n'a pu être consulté et la Commission du secret de la défense nationale n'est toujours pas saisie. 

"Il y a un grand décalage entre la volonté d'aller au bout affichée par les plus hautes autorités politiques de notre pays et le contenu des courriers (...). le gouvernement reste frileux", a regretté auprès de l'AFP Mathieu Paoli, 75 ans, président de l'association des familles de victimes. 

Une enquête aux multiples verrous

Une série de demandes de levée de secret avait été adressées à différents ministères. "Il y a eu des manœuvres exécutées en même temps par au moins trois marines, donc il peut y avoir des intérêts qui (...) nécessitent qu'un secret soit gardé", a déclaré lundi le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre, très impliqué lui aussi.

Le ministère de la Justice a renvoyé sur un document de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) enfermé dans le sous-sol inaccessible d'un site de Fontainebleau fermé pour risques d'effondrement, selon des documents dont l'AFP a eu connaissance. Le ministère de l'Intérieur a lui renvoyé sur un dossier non classifié aux Archives nationales, lesquelles ont refusé sa transmission numérisée car il est trop volumineux, invitant début juillet 2019 la justice à se déplacer pour le consulter. Le même ministère a aussi mentionné des documents versés à la DGAC, organisme relancé sans suite pour l'instant.

Quant au ministère des Armées, qui assurait faire diligence "dans les meilleurs délais" à l'été 2018, il n'a rien produit.