Faits divers – Justice DOSSIER : Le crash de la Vèze en procès

Crash de la Vèze : le recrutement du pilote en question

Par Christophe Beck, France Bleu Besançon lundi 25 janvier 2016 à 20:02

Tribunal de Besançon
Tribunal de Besançon © Radio France - Christophe Beck

Les débats ont été très techniques lundi du procès du crash de la Vèze, près de Besançon. Trois prévenus, vingt-cinq parties civiles, quinze avocats, pour décrypter comment la compagnie Flowair a pu recruter ce pilote qui n'avait pas l'habilitation pour ce vol sanitaire de nuit.

La première journée du procès du crash de la catastrophe aérienne de la Veze est entrée dans le vif du sujet avec l'exposé des faits, mais surtout l'audition des trois prévenus : le responsable de la compagnie aérienne Flowair, qui a affrété l'avion, le pilote examinateur mandaté par la compagnie pour valider le recrutement du pilote et le contrôleur aérien de Lyon Bron qui a prolongé la qualification du pilote, en vol aux instruments. Tous trois sont poursuivis pour homicide involontaire. Les deux premiers pour violation d'une obligation de sécurité.

Près de dix ans après le drame et après une instruction à rebondissement, le procès a commencé avec un examen approfondi du stage d'adaptation où la compagnie est tenue de vérifier les capacités de son candidat pilote.

Accumulation de négligences

Les négligences se sont visiblement accumulées à un rythme soutenu lors de ce fameux stage d'adaptation. Supervisé par un contrôleur habilité, il doit suivre des séquences de vol bien précises. Or, le 7 août 2006, le stage de Barthélémy Maresma, le pilote responsable du crash, s'est largement affranchi de ce déroulé, avec notamment, une validation un mois avant la dernière épreuve.

Mais plus curieux, le contrôleur reconnaît avoir profité d'un vol commercial à destination de Palma en Espagne pour effectuer ce stage, de manière spontanée, sans préparation et en contradiction avec la procédure.

Mais le stage n'est qu'un des éléments qui auraient pu contester les compétences du pilote. Le plus troublant est ce certificat de vol aux instruments que le contrôleur aérien de Lyon Bron a validé, quelques heures avant le drame, alors qu'il n'était pas conforme. 

_"J'ai été trompé par ce monsieur" déclare le cadre de l'aviation civile. "Est-ce que vous n'auriez pas pu prendre l'initiative de décrocher votre téléphone pour vérifier cette habilitation ?" interroge la présidente. Pas de réponse.

_Sans ce certificat, le pilote n'aurait pas pris les commandes de ce vol dramatique du 19 octobre 2006. Une première journée difficile pour la défense. 

Tribunal de Besançon - Radio France
Tribunal de Besançon © Radio France - Christophe Beck