Faits divers – Justice

Crash du vol MH17 : la Russie accusée, une difficile enquête

Par Marina Cabiten et Nathalie Delpeyrat, France Bleu vendredi 18 juillet 2014 à 16:23

Des militaires prorusses passent devant les décombres du vol MH17
Des militaires prorusses passent devant les décombres du vol MH17 © MaxPPP

Le crash du Boeing Malaysia Airlines en Ukraine jeudi soulève un grand nombre de questions, dont la plus importante est la cause de ce drame et sa responsabilité. Alors que la situation évolue d'heure en heure, France Bleu vous résume les points-clés.

Qui sont les victimes ? Pourquoi l'avion s'est-il crashé ? Et surtout, s'il a bien été abattu par un missile, qui l'a tiré ? Le monde entier attend les réponses à ces questions soulevées par le crash du Boeing de la Malaysia Airlines, jeudi. France Bleu fait le point sur les derniers éléments clés de ce drame. 

Barack Obama accuse la Russie

Le président Obama a confirmé qu’un citoyen américain se trouvait à bord du vol MH 17 de Malaysia Airlines, abattu avant-hier au dessus de la l’est de l’Ukraine, très vraisemblablement par un missile tiré par des séparatistes pro-russes. En tout cas, pour les Etats-Unis, l’Australie ou l’Angleterre, il ne fait pas de doute que la Russie est derrière cet attentat qui a fait 298 morts. Ils l’ont dit hier au conseil de sécurité de l’ONU. Le président américain réclame une enquête internationale. La Russie doit cesser de soutenir les séparatistes de l'est de l'Ukraine, a déclaré Barack Obama en brandissant la menace de nouvelles sanctions.30 observateurs de L’OSCE se sont rendus sur place, (l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Ils ont parfois empêché de travailler par des séparatistes ivres qui les ont pris à parti. les boites noires sont au main des pro-russes, et peut-être déjà remises à la Russie. Il y avait 189 résidents néerlandais à bord. François Hollande a confirmé hier soir qu’il n’y avait aucun Français à bord. Barack Obama appelle Vladimir à faire pression sur les séparatistes.

Difficile travail pour les enquêteurs

30 observateurs de L’OSCE, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, se sont rendus sur place. Ils ont parfois été empêchés de travailler par des séparatistes ivres qui les ont pris à parti. Les boites noires sont au main des pro-russes, et peut-être déjà remises à la Russie.Les enquêteurs et observateurs internationaux continuent à arriver samedi à Kiev, en espérant pouvoir se rendre sur le lieu du crash de l'avion malaisien, probablement abattu par un missile, dans l'est de l'Ukraine. Les Pays-Bas, qui comptait 189 ressortissants parmi les 298 personnes à bord --toutes mortes--, ont envoyé une équipe du Bureau néerlandais pour la sécurité, accompagnée du ministre des Affaires étrangères Frans Timmermans. Il espère avoir accès à la zone "afin que les experts puissent mener leur enquête" et n'exclut pas de mener des négociations avec les rebelles prorusses de l'est de l'Ukraine. La Malaisie a elle envoyé une équipe de 62 personnes, attendue samedi dans la capitale ukrainienne. L'appareil appartenait à Malaysia Airlines, contrôlée indirectement par l'Etat. Sur le site de la catastrophe, les pompiers locaux ont marqué d'un bâton surmonté d'un petit chiffon blanc les emplacements des restes humains des victimes, disséminés sur plusieurs kilomètres carrés.

Aucun Français à bord

Vendredi, François Hollande a déclaré que "selon les documents transmis par la compagnie", "il n'y aurait aucun Français" parmi les 298 victimes du crash. Mais le président a ajouté qu'un cas restait à élucider. 

Un tir de missile

Même si rien ne le prouvait matériellement vendredi, le tir de missile comme cause du drame s'imposait dans tous les esprits, pas seulement chez le gouvernement ukrainien et les séparatistes prorusses qui s'accusent mutuellement d'avoir abattu l'avion. L'Union Européenne et les États-Unis estiment aussi que cette hypothèse est la plus probable. Une des boîtes noires de l'appareil a été récupérée. 

Un enregistrement à charge contre les prorusses

Les services de sécurité ukrainiens ont publié jeudi l'enregistrement d'une conversation entre deux chefs séparatistes prorusses, qui mettrait en cause ces rebelles. Depuis le crash, Kiev accuse ces séparatistes d'avoir abattu le vol MH17, et à l'inverse les prorusses accusent le gouvernement ukrainien, tout comme Moscou qui va jusqu'à évoquer un complot visant Vladimir Poutine. Pour les services secrets américains vendredi, l'avion aurait été abattu par les prorusses.

Malaysia Airlines se défend

La compagnie, déjà minée par la disparition d'un de ses appareils récemment, s'est défendue de toute responsabilité dans ce nouveau drame. Elle a d'une part assuré que son Boeing était bien entretenu, et d'autre part que le couloir aérien emprunté avait été déclaré sûr par les autorités compétentes. 

Enquête indépendante

L'avion s'est écrasée en pleine zone de conflit, dans une partie de l'Ukraine contrôlée par les rebelles prorusses. Les enjeux diplomatiques sont énormes. L'ONU a demandé vendredi une "enquête internationale complète, minutieuse et indépendante" , et "souligné la nécessité pour toutes les parties d'accorder un accès immédiat à l'endroit du crash pour les enquêteurs" . Les prorusses ont refusé un cessez-le-feu, mais ont affirmé qu'ils laisseraient les enquêteurs faire leur travail librement.