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Faits divers – Justice

Crash mortel de montgolfière dans le Tarn-et-Garonne : deux ans de prison ferme requis contre le pilote

mardi 6 novembre 2018 à 18:19 Par Simon Cardona, France Bleu Occitanie

Quatre ans après le crash d'une montgolfière faisant un mort et trois blessés graves à Cazes-Mondenard, deux ans de prison ferme ont été requis contre le pilote ce mardi 6 novembre. Le jugement a été mis en délibéré, le tribunal correctionnel de Montauban se prononcera le 11 décembre.

Couloir d'un Palais de justice
Couloir d'un Palais de justice © Radio France - Stéfane Pocher

Cazes-Mondenard, France

La montgolfière a volé pendant une demi-heure avant de s'écraser et provoquer un incendie le 5 octobre 2014, à Cazes-Mondenard dans le Tarn-et-Garonne. Parmi les onze personnes à bord : un mort et trois blessés graves. Après deux ans et demi d'instruction, le pilote a été jugé pour homicide involontaire et blessures involontaires devant le tribunal correctionnel de Montauban. Le parquet a requis trois ans de prison, dont un avec sursis. L'avocat de la défense a plaidé la relaxe.

Le pilote a nié en bloc le rapport de l'expert

Pendant toute l'audience, la présidente du tribunal, les parties civiles et le ministère public n'ont cessé de questionner le pilote de la montgolfière sur ses erreurs pour que ce vol d'initiation tourne au drame.

Après avoir touché une première fois le sol, la montgolfière est remontée en l'air avant de s'écraser et de s'embraser. Les parties civiles et le ministère public ont reproché au prévenu de ne pas avoir écouté les bulletins météorologiques qui déconseillaient le vol. Mais surtout de n'avoir pas eu le réflexe d'éteindre les veilleuses avant le crash, responsables de l'incendie. 

"Le prévenu n'a pas l'air de regretter son geste" - Véronique Benlafquih, vice-procureur

À la barre, le pilote, passionné d'aéronautique, n'a pas arrêté de contester les remarques de l'expert élevées contre lui. Il a déclaré ne pas comprendre cet acharnement de la justice à son encontre. Il a aussi insisté sur le manque de temps qu'il a eu pour cet "atterrissage d'urgence". "Vous savez avec ce genre de drame, on revit mille fois nos actes, confie le pilote de 70 ans. J’ai ma conscience tranquille. Si je devais recommencer dans ce laps de temps, je n'aurais pas mieux fait. Je n'ai jamais eu le temps d'éteindre les veilleuses". Une déclaration qui a fait bruisser la salle d'audience. 

"Le prévenu n’a pas eu un seul mot, pas un seul regard, par la moindre excuse envers les victimes, a appuyé la vice-procureure lors des réquisitions. Pire, il est loin de regretter ses gestes, il valide le comportement qu'il a eu ce jour-là." Même écho du côté des parties civiles : "On a soit un déni de responsabilité, soit un refus de reconnaitre ses fautes."

J’ai voulu me défendre pour eux." - Le pilote de la montgolfière  

Pourtant, lorsque la présidente a demandé à cet homme, pantalon et blazer en tweed noirs, cheveux gris soigneusement tirés en arrière, s'il avait quelque chose à ajouter pour sa défense. Le pilote a tenu à préciser : "J’ai argumenté et j’ai essayé de répondre à vos questions dans un seul but : démontrer à mes passagers que j’ai fait ce qu’il fallait. Ce qui s’est passé a été un drame pour mes passagers, mais aussi pour moi. J’ai voulu me débattre et me défendre pour eux."  

Le tribunal correctionnel de Montauban rendra sa décision le 11 décembre.