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Crash sur le tournage de "Dropped" : la société de production mise en examen pour "homicides involontaires"

La société qui a produit l'émission de téléréalité et d'aventure "Dropped" a été mise en examen en février dernier pour "homicides involontaires", six ans après le crash d'hélicoptères en Argentine. Dix personnes ont été tuées, dont les sportifs Camille Muffat, Florence Arthaud et Alexis Vastine.

Les photos de certaines des victimes du crash lors d'un hommage à Paris, deux ans après le drame.
Les photos de certaines des victimes du crash lors d'un hommage à Paris, deux ans après le drame. © AFP - BERTRAND GUAY

Adventure Line Productions (ALP), la société de production de l'émission de téléréalité et d'aventure "Dropped" qui devait être diffusée sur TF1, a été mise en examen en février pour "homicides involontaires" dans le dossier du crash de deux hélicoptères lors d'un tournage en Argentine, a appris ce lundi 8 mars l'Agence France presse (AFP) de sources proches du dossier. Le 9 mars 2015, deux appareils de l'émission sont entrés en collision, causant la mort de dix personnes, dont plusieurs sportifs français : la navigatrice Florence Arthaud, la championne olympique de natation Camille Muffat et le boxeur médaillé olympique Alexis Vastine.

Dans l'enquête pénale ouverte en France un mois après l'accident, les juges d'instruction avaient d'abord placé sous le statut intermédiaire de "témoin assisté" le directeur de production Nicolas Roussel, ainsi qu'ALP, la société qui l'employait, spécialiste des jeux télévisés d'aventure. Ce statut faisait craindre aux parties civiles qu'ils ne soient pas renvoyés devant le tribunal correctionnel. Mais en février 2019, Peter Högberg, un Suédois chargé de sécurité lors du tournage, a été mis en examen pour "homicides involontaires". Les magistrats ont ensuite mis en examen Nicolas Roussel de ce chef le 7 octobre 2020, ouvrant la voie à une mise en cause d'ALP. 

Des failles dans la sécurité ?

Joints par l'AFP, les avocats d'ALP rappellent que la société "reste présumée innocente" et qu'"il ne s'agit en aucun cas d’une reconnaissance de culpabilité". "Les équipes d’ALP demeurent profondément bouleversées par l’accident qui a coûté la vie à leurs collègues, aux pilotes et à certains participants. Elles restent déterminées à démontrer que tous les moyens matériels et humains ont été mis en place pour assurer la sécurité", ont déclaré Maîtres Pierre-Olivier Sur et Mathias Chichportich.

Vidéos et témoignages ont vite mis en cause une erreur de pilotage, hypothèse accréditée fin 2015 par la Direction d'enquête des accidents de l'aviation civile (Jiaac), l'équivalent argentin du Bureau d'enquêtes et analyses (BEA). Mais la Jiaac pointait aussi d'autres défaillances : "lacunes dans la planification" du vol, utilisation dans un cadre commercial d'hélicoptères publics, imprudences de pilotage pour des séquences spectaculaires.

Les juges français soupçonnent désormais une "faute caractérisée" des mis en examen : avoir sous-évalué le budget affecté aux moyens aériens et privilégié les critères financiers dans le choix des pilotes et des hélicoptères, "au détriment de la sécurité des personnes".

Selon des éléments consultés par l'AFP, aussi bien Peter Hogberg que Nicolas Roussel ont désigné devant les juges les pilotes comme principaux responsables. Les magistrats, toutefois, se demandent si ALP n'a pas fait preuve de "passivité" sur la sécurité. "Personne, au sein d'ALP et de la production, ne s'était enquis de vérifier le profil professionnel" de l'un des pilotes, ont-ils estimé, alors que certains témoins ont évoqué sa maladresse, "ses lunettes à fortes correction" ou le fait qu'il se "déplaçait péniblement". Ils se sont aussi demandé si ALP n'avait pas imposé le recours aux hélicoptères publics pour des raisons budgétaires, ce que Nicolas Roussel a contesté.

En parallèle, plusieurs procédures d'indemnisation sont en cours en France et la société a déjà été condamnée plusieurs fois pour "faute inexcusable". Une enquête pénale est également ouverte en Argentine.

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