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Faits divers – Justice

Crime de Fresnay-sur-Sarthe : égorgé parce qu'il voulait écouter du rap

mardi 10 novembre 2015 à 12:31 Par Ruddy Guilmin, France Bleu Maine et France Bleu

Le procureur de la République du Mans a dévoilé ce mardi matin le scénario du crime : Frédéric Sevrin aurait tué son copain Wilfried parce qu'il ne supportait sa musique. C'était lors d'une soirée chez lui, à Fresnay-sur-Sarthe, au mois de juillet. Le meurtrier présumé est bien connu de la justice.

Philippe Varin, procureur de la république du Mans
Philippe Varin, procureur de la république du Mans © Radio France - Ruddy Guilmin

On en sait désormais un peu plus sur le drame qui s'est noué au 53 avenue De Gaulle, à Fresnay-sur-Sarthe, où le corps d'un homme de 25 ans a été découvert enterré dans le jardin. Le locataire des lieux, Frédéric Sevrin, 48 ans, a avoué avoir tué Wilfried Leveque de plusieurs coups de couteau dans la nuit du 7 au 8 juillet, lors d'une soirée de beuverie. Depuis cette date, le jeune homme était porté disparu.

Une quinzaine de coups de couteau avant de l'égorger

C'est dans un foyer du Mans que les deux hommes ont fait connaissance, à l'été 2014. Condamné pour violences sept ans plus tôt, Frédéric Sevrin vient de sortir de prison. Sa future victime cherche du travail et vivote au RSA. Les deux hommes se lient d'amitié. Quelques semaines avant les faits, ils effectuent même une virée tous les deux à Rouen. Début juillet, dans la nuit du 7 au 8, Wilfried se rend chez son ami à Fresnay. Ils boivent et prennent de la drogue. Mais la situation s'envenime quand Wilfried refuse de couper sa musique rap, que Frédéric ne supporte pas. 

C'est de la frustration, car la nature de la musique ne plaît pas à M. Sevrin et il n'arrive pas à obtenir que l'autre l'arrête.

Frustré de ne pas être entendu, le maître des lieux se saisit alors d'un gros couteau et plante son ami une quinzaine de fois, avant de l'égorger. Il ligote ensuite le corps et le dissimule sous un bosquet de son jardin. C'est quelques jours plus tard seulement qu'il décide de l'enterrer. Voilà en tout cas ce que le meurtrier présumé à raconté aux enquêteurs, peu de temps après son arrestation musclée, vendredi dans les rues d'Alençon. C'est aussi lui qui a indiqué sans difficulté l'endroit où le corps reposait. L'autopsie pratiquée sur le corps de la victime n'a pas permis d'établir avec précision la date et les causes de la mort.

Un suspect au lourd passé judiciaire

Depuis sa majorité, Frédéric Sevrin a passé de nombreuses années en prison :  16 condamnations à son actif pour vols, violences diverses ou encore drogue. Et une fois déjà pour meurtre, explique le procureur de la République, Philippe Varin : 

On a une peine de vingt ans de réclusion criminelle prononcée en 1995 par la cour d'assises de Melun pour des faits d'homicide avec extorsion"

Après avoir purgé onze de ces vingt années, Frédéric Sevrin sort de prison en 2006. Une remise de peine "légale" et "automatique" précise le procureur, à condition que le détenu se comporte bien. Mais très vite, en 2007, il est à nouveau condamné à six ans par le tribunal correctionnel de Coutances pour des violences sur un surveillant de foyer. Libéré de nouveau en juin 2014, il reste malgré sur les tablettes de la justice précise le procureur :

Il a été placé sous surveillance judiciaire par le tribunal d'application des peines de Caen. Il étaient astreint à un contrôle par le Spip (service pénitentiaire d'insertion et de probation), ainsi qu'à un suivi médico-psychologique, c'est à dire sur le plan mental.

Des rendez-vous que Frédéric Sevrin a toujours honoré, y compris entre la date présumée du meurtre et aujourd'hui. Mais rien n'a laissé pensé aux professionnels qu'il pourrait peut-être, à nouveau, passer à l'acte.