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Dossier : Le double meurtre de Montigny-lès-Metz : 30 ans de rebondissements judiciaires

Crime de Montigny-lès-Metz : Francis Heaulme pourrait être jugé sans Henri Leclaire

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine, France Bleu
Metz, France

Le procureur de la République de Metz ne veut pas renvoyer Henri Leclaire devant les assises pour le double meurtre de Montigny-les-Metz. Si son avis est suivi par les juges d'instruction, seul Francis Heaulme comparaîtrait devant la Cour pour ce crime de 1986.

Henri Leclaire sera-t-il jugé pour le double meurtre de Montigny-les-Metz.
Henri Leclaire sera-t-il jugé pour le double meurtre de Montigny-les-Metz. © Maxppp -

Henri Leclaire sera-t-il jugé aux côté de Francis Heaulme pour le crime de Montigny-lès-Metz, le meurtre de Cyril Beining et Alexandre Beckrich en 1986 ? C'est Le Républicain lorrain, qui l'a révélé, le procureur de Metz requiert un non-lieu pour Henri Leclaire, ce qui signifie qu'il ne comparaîtrait pas devant la cour d'assises. Le procureur estime qu'il n'y a pas suffisamment d'éléments à charge.

En août 2014, Henri Leclaire avait été mis en examen dans l'affaire du meurtre d'Alexandre Beckrich et Cyril Beining, le 28 septembre 1986, près d'une voie ferrée dans la banlieue de Metz. Il avait été placé sous contrôle judiciaire. Ce manutentionnaire, aujourd'hui à la retraite, était le premier à s'être accusé du crime, puis il s'était rétracté. La suite, c'est Patrick Dils, condamné puis innocenté, Francis Heaulme, surnommé le "le routard du crime", renvoyé à son tour devant les assises en avril 2014, pour un procès qui a duré... deux jours, avant d'être ajourné.

Des témoins de dernière minute qui ne sont pas probants

Les témoignages de dernière minute ont été passé à la loupe, mais aucun n'est vraiment probant. Le cheminot n'a même pas réussi à retrouver l'endroit où il aurait vu Leclaire avec un tee-shirt maculé de sang. Il a même fait des déclarations fantaisistes, où il fait référence au canal, alors qu'il ne peut avoir vu Leclaire que sur les voies ferrées. La secrétaire de l'entreprise où travaillait Francis Heaulme dit l'avoir vu, accompagné de Leclaire peu après les faits. Si le portrait qu'elle en fait aujourd'hui lui ressemble, ce n'était pas le cas en 1986. Enfin les confidences d'Henri Leclaire à Marie Christine Blindauer ne sont pas suffisantes. Certes, il a mimé une scène, mais dans le même temps, a bien indiqué qu'il n'avait pas tué les enfants.

Des éléments anciens du dossier qui ne le confondent pas

Le parquet considère aussi que la mise en cause d'Henri Leclaire par Francis Heaulme n'est pas plausible. Ses déclarations ont beaucoup varié au cours des années. D'ailleurs, ce n'est pas la première fois qu'Heaulme désigne des suspects qui n'ont rien à voir avec l'affaire. Enfin comme dans l'ancienne procédure, le parquet considère que les aveux d'Henri Leclaire en 1986 n'ont pas de valeur. A l'époque déjà, ils étaient considérés comme incompatible avec les constatations.

La justice a encore trébuché"

Henry Leclaire avait demandé l'annulation de sa mise en examen, ce qui avait été rejeté par la chambre de l'instruction. Mais aujourd'hui, le parquet dans son avis dit qu'il n'y a pas d'élément suffisant pour le poursuivre. Cela conforte l'avocat d'Henri Leclaire, Me Thomas Hellebrandt, même s'il déplore qu'on ait encore rajouté deux ans à la procédure. "Dès lors qu'on se rendait compte que tout cela n'était pas bien sérieux, le parquet aurait dû me suivre. La justice a encore trébuché. Mais dans cette affaire, on n'en est pas à un rebondissement près"

Thomas Hellenbrand l'avocat d'Henri Leclaire

L'objectif, c'est de connaitre la vérité"

Les parties civiles sont partagées. La maman de Cyril, Chantal Beining estime qu'envoyer Leclaire devant une cour d'assises, c'était une manière de faire la lumière sur cette affaire vieille de bientôt 30 ans. Maitre Dominique Boh Petit, l'avocate de Chantal Beining explique que deux années de plus, c'est beaucoup pour sa cliente. Elle n'est pas convaincu par la demande de non lieu : "Il y avait eu une ordonnance de non lieu dans cette affaire pour Francis Heaulme et on l'a quand même renvoyé devant les assises. En trente ans, on entend le nom d'Henri Leclaire à de nombreuses reprises dans la procédure. L'objectif c'est de connaître la vérité, et d'au moins tout faire pour y arriver. Ça me paraît logique que Leclaire soit renvoyé devant la cour d'assises".

Dominique Boh Petit, avocate de Chantal Beining

Les autres parties civiles constatent que rien n'a vraiment avancé. La grand-mère d'Alexandre, Ginette Beckrich, n'a jamais cru à l'implication d'Henri Leclaire. Et son avocat Dominique Rondu, constate que deux ans d'instructions supplémentaires n'ont pas fourni d'éléments probants.

Ce sont maintenant les juges d'instruction qui doivent trancher pour savoir si Henri Leclaire sera renvoyé devant la cour d'assises. Francis Heaulme sera lui poursuivi quelle que soit la décision.

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