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Faits divers – Justice

Crime des Sorinières : le témoignage de la meilleure amie de la victime

mardi 26 juin 2018 à 18:46 Par Pascale Boucherie, France Bleu Loire Océan

Salle comble ce mardi au procès d'assises de Yann Marchand. Cet homme de 41 ans est poursuivi pour l'assassinat de son épouse Céline Sablé Marchand aux Sorinières près de Nantes en mars 2015. La meilleure amie de la victime et les enquêteurs sont venus témoigner.

C'est l'acharnement d'Anne-Marie qui permet de lancer une enquête pour disparition inquiétante.
C'est l'acharnement d'Anne-Marie qui permet de lancer une enquête pour disparition inquiétante. © Radio France - Pascale Boucherie

Nantes, France

Elle se tient droite face à la cour. Elle ne cille pas. Elle ne se laisse pas submerger par ses émotions. Anne-Laure, la meilleure amie de Céline Sablé Marchand vient témoigner aux assises. Elle dont la petite fille a le même âge, à 15 jours près, que le petit garçon du couple Marchand. Elle qui passe ses premiers de l'an avec eux, qui les invite à son premier anniversaire de mariage. 

Yann Marchand est à sa droite, dans le box des accusés, elle le regarde à peine. Elle est de dos. On la devine souriant aux quelques photos diffusées sur écran géant. On la voit sur son trente-et-un aux côtés de son amie morte en mars 2015 sous les coups de pelle d'un mari pourtant adoré. 

Anne-Laure cherche Céline partout

Anne-Laure détaille l'acharnement avec lequel elle a cherché Céline. 

Je l'ai appelé tous les jours. J'ai appelé les centres hospitaliers, les taxis. Oui c'était de l'acharnement, parce que c'était mon amie". 

Deux mois sans nouvelles à part des textos. Elle comprendra plus tard que c'est Yann Marchand qui les lui envoie à la place de Céline.  

C'est Anne-Laure aussi qui se rend la première chez les gendarmes pour signaler la disparition de Céline Sablé Marchand. Refoulée car non membre de la famille, elle y retourne le lendemain avec l'époux Yann Marchand.  

Je n'ai pas eu besoin de le forcer trop longtemps. Il savait que j'allais finir par y aller." 

La découverte du crime un mois plus tard, Céline tuée par son mari, la laisse désemparée. 

Tristesse, douleur, haine, colère, beaucoup de sentiments se mêlent."

La préméditation d'abord avouée, puis contestée

Céline Sablé Marchand est t'elle tombée dans un piège tendu par son mari ? C'est toute la question. La cour ce mardi a longuement entendu les enquêteurs et ce que l'accusé leur a dit au cours de sa garde à vue diffère de ce qu'il affirme aujourd'hui à l'audience.

L'heure et le lieu supposés du crime ne sont pas contestés par Yann Marchand. Le drame se déroule au matin du 20 mars 2015. Il est neuf heures passées.  Les enfants sont à l'école.  Le couple est seul dans sa vaste propriété des Sorinières au sud de Nantes. C'est à partir de ce moment que deux versions se télescopent. Yann Marchand assure aujourd'hui que Céline le rejoint spontanément dans la chapelle.

Ça m'a énervé qu'elle parle de la garde des enfants. Et donc je l'ai frappé avec une pelle métallique sans manche. Je ne me suis pas contrôlé"- Yann Marchand  

La version donnée aux gendarmes en 2015 est tout autre : 

Il fait venir Céline à la chapelle pour la tuer. Il est résolu, il dit y penser depuis deux semaines" rapporte le directeur d'enquête. 

L'enquêteur qui auditionne Yann Marchand en garde à vue est tout aussi formel :

Il parle de préméditation, de repérage (...). Un divorce lui aurait fait perdre beaucoup, il n'aurait plus eu d'argent, il n'aurait plus eu d'habitation. Céline était insistante. Sa seule solution était de l'assassiner pour vivre sa nouvelle vie avec sa maîtresse, ses enfants à elle et ses enfants à lui" dit le gendarme

Les derniers mots reviennent à l'accusé. Depuis son box Yann Marchand affirme :

J'ai parlé sous la pression, je pensais que c'était ce que les enquêteurs voulaient entendre"