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Économie – Social

Crise du sucre : pourquoi ça coince ?

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Par , France Bleu

L'industriel Saint-Louis Sucre, propriété du groupe allemand Sudzücker, numéro 1 mondial du sucre, a annoncé ce mercredi que deux de ses quatre sucreries en France fermeraient bien en 2020. Saint-Louis Sucre dit s'adapter à la "nouvelle donne du marché". Pourquoi le secteur est-il en crise ?

Le sucre français provient principalement de la betterave sucrière, et de la canne à sucre
Le sucre français provient principalement de la betterave sucrière, et de la canne à sucre © Maxppp - MANCEAU SERGE

Le groupe Sudzücker refuse de céder les sucreries vouées à la fermeture de sa filiale française Saint-Louis Sucre, à Cagny dans le Calvados, et Eppeville, dans la Somme.  

L'annonce est tombée mercredi soir, à l'issue d'une réunion en Allemagne entre les actionnaires majoritaires de l'industriel allemand, propriétaire de Saint-Louis Sucre, et des betteraviers français qui souhaitaient reprendre les deux sucreries. 

Ces derniers voulaient maintenir l'emploi (130 postes vont être supprimés) et poursuivre la culture de la betterave dans leurs bassins de production. Cette reprise a été jugée "irresponsable" par Sudzücker qui s'en explique : "tout projet de reprise ne résout pas le problème de surproduction". 

Trop de sucre produit...

La FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, estime dans un rapport que la production mondiale de sucre sera de 276 millions de tonnes pour l'année 2019. En 2015, elle n'était "que" de 257 millions. Une forte croissance qui s'explique notamment par l'explosion de la production indienne et thaïlandaise. Selon la FAO, cette hausse n'est pas un phénomène ponctuel. Dans cinq ans, prédit-elle, la production mondiale de sucre atteindra les 282 millions de tonnes. 

La France est aujourd'hui le neuvième producteur mondial, d'après le Syndicat National des fabricants de sucre. En 2017, elle en a produit 6,3 millions de tonnes, ce qui la place au premier rang européen. L'Europe dans son ensemble pèse 10% du marché. Depuis 2017, les Européens peuvent produire autant de sucre qu'ils le souhaitent : ils ne sont plus restreints par les quotas. En 2018, la production européenne a ainsi bondi de 25% d'après Les Echos

Mais, revers de la médaille, le cours du sucre, autrefois stable grâce aux quotas européens, n'est aujourd'hui plus fixe, puisque les limitations de production ont été abolies en 2017. Quand l'Europe imposait encore des quotas, la tonne de sucre s'échangeait contre environ 500 euros. Aujourd'hui, elle vaut près de 300 euros. 

...Pour une demande insuffisante 

Comme lors de la crise du lait il y a quatre ans, provoquée là aussi par la fin des quotas et un surplus de production, l'Europe, et la France, paient l'addition : d'un côté, elles ne sont plus protégées par les quotas, de l'autre, la croissance de la demande de sucre n'est pas au niveau de celle de la production, en forte hausse. 

La consommation de sucre n'évolue presque pas dans les pays développés. Si en Afrique (+19%) et en Asie (+68%), les projections de la FAO sont optimistes, à l'échelle mondiale, l'organisation onusienne ne table que sur 2% de croissance de la demande par an. Bien insuffisant au regard de l'offre : pour cette année, le cabinet britannique F.O. Licht, qui fait autorité dans le domaine, estime à 1,7 millions de tonne le surplus de production de sucre dans le monde. 

C'est donc le jeu de l'offre et de la demande qui explique que le cours de cette matière première continue de baisser et oblige certains industriels du secteur à repenser leur stratégie, se redéployer, et parfois fermer des usines, comme c'est le cas en France pour Saint-Louis Sucre.