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Pour Sébastian Roché, il n’y a pas "de possibilité technique pour protéger l’ensemble des cibles" du terrorisme

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Par , , France Bleu Isère
Grenoble, France

Un hommage national est rendu mercredi au colonel Arnaud Beltrame, mort après l’attaque terroriste à Trèbes. Sebastian Roché, sociologue spécialisé dans les questions de police et de sécurité, s'exprimait sur les défis persistant en matière de renseignement, ce mercredi matin sur France Bleu Isère.

Sébastian Roché sociologue spécialiste des questions de police et de sécurité
Sébastian Roché sociologue spécialiste des questions de police et de sécurité © Radio France - France Culture

D’après Sebastian Roché, les attaques terroristes comme celles ayant entraîné la mort du colonel Arnaud Beltrame et de trois autres victimes, vendredi dernier à Carcassonne et Trèbes (Aude), restent difficiles à appréhender : « Dès le début des attentats, nous avons vite compris qu’il y avait une infinité de cibles, de lieux dans lesquels il y a des rassemblements de personnes en France. Cela donne la possibilité à des individus isolés de commettre des attentats. » 

"Nous ne pouvons pas expliquer son geste par des caractéristiques professionnelles. Quelqu’un d’autre peut le faire, on trouve cela chez des personnes qui ont le souci des autres." — Sébastian Roché, sociologue spécialiste des questions de police et de sécurité

Le directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), enseignant à Sciences-Po Grenoble et à l’École nationale supérieure de la police, pointe toutefois une évolution dans la série d’attentats qui touche l’hexagone depuis plusieurs années. « Avec l’attaque à Trèbes, on bascule des lieux symboliques au supermarché du coin où chacun d’entre nous peut se rendre. Il n’y a pas de possibilité technique existante pour protéger l’ensemble de ces cibles. »

Les services de renseignement doivent donc poursuivre leurs efforts pour s’adapter à la menace. « Aujourd’hui, je ne pense pas qu’ils aient complètement intégré le fait qu’il existe des djihadistes détachés d’une organisation, avoue Sebastian Roché. Les services de renseignement doivent se mettre à jour en fonction de ce qu’ils apprennent. Mais une fois que cela est fait, comment surveiller des dizaines de milliers de personnes et pouvoir détecter les signaux ? »

Le traitement des données, véritable défi pour les renseignements

D’après le sociologue, le défi réside dans le traitement des données : « Il faut des outils informatiques très pointus pour traiter la masse d’informations. Quand il était ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve avait mis en place un comité et souhaitait que les données des services de renseignement soient partagées avec les chercheurs, pour essayer de trouver des outils mathématiques et informatiques permettant d’améliorer les prédictions. Mais le projet n’a pas vu le jour. » 

En attendant, un hommage national est rendu, ce mercredi matin à Paris, au colonel Arnaud Beltrame, dont l’acte héroïque dépasse le cadre du métier, selon Sebastian Roché. « C’était une personne avec beaucoup d’empathie, attaché à la valeur de la vie des autres. Nous ne pouvons pas expliquer son geste par des caractéristiques professionnelles. Quelqu’un d’autre peut le faire, on trouve cela chez des personnes qui ont le souci des autres. C’est spectaculaire, car on se demande tous si l’on serait capable de faire la même chose. »

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