Faits divers – Justice

Dans l'arrondissement de Béziers, l'État se fâche contre la cabanisation

Par Gaëlle Schüller, France Bleu Hérault et France Bleu jeudi 14 septembre 2017 à 6:10

Christian Pouget, le sous-préfet de Béziers assiste à l'enlèvement du mobil-home illégal.
Christian Pouget, le sous-préfet de Béziers assiste à l'enlèvement du mobil-home illégal. © Radio France - Gaëlle Schüller.

Dans le secteur de Vias, à quelques encablures de Béziers et à deux pas de la plage, plus de 2 500 propriétaires de petites parcelles y installent mobil-homes et caravanes pour y passer de bonnes vacances. Mais nombre d'entre eux sont dans l'illégalité en ne les enlevant pas l'hiver.

Depuis des décennies, le secteur de Vias abrite des centaines et des centaines de petits terrains imbriqués les uns dans les autres et sur lesquels les propriétaires installent caravane ou mobil-home. Jusque là, tout va bien. Mais la zone est aujourd'hui classée rouge pour les inondations.

Les abris temporaires doivent donc être enlevés durant l'hiver . Dans la réalité, il en est tout autrement. Non seulement la plupart des résidences mobiles sont là à l'année mais certains les aménagent en enlevant les roues pour les installer sur des parpaings, construisent des auvents et des terrasses en bois. On appelle cela la cabanisation, c'est plus confortable, mais c'est illégal.

Et cela peut devenir catastrophique en cas de grosses intempéries ou de départs de feu. D'autant plus que 700 familles en auraient fait leur résidence principale ! Le sous-préfet de Béziers a donc, ce mercredi, décidé de médiatiser l'enlèvement d'un mobil-home. Le propriétaire avait été sommé en novembre 2014 de se soumettre à la loi . Pas de réponse malgré les relances puis les astreintes de 50 euros par jour de retard. Au bout de trois ans, le représentant de l'État tape du poing sur la table et met en garde tous les propriétaires qui sont dans le même cas.

Maintenant, ça suffit !

Le sous-préfet de Béziers prévient les réfractaires.

La société mandatée par l'Etat pour procéder à l'enlèvement du mobil-home. - Radio France
La société mandatée par l'Etat pour procéder à l'enlèvement du mobil-home. © Radio France - Gaëlle Schüller.

Une société spécialisée s'est donc chargée du déménagement sous contrôle d'un huissier. Laurence, dont la famille possède depuis quarante ans un terrain juste à côté, est amère. Est-ce que c'est par tirage au sort ? Est-ce que c'est par dénonciation ?

Laure voit la situation se dégrader entre voisins.

Départ vers la fourrière. - Radio France
Départ vers la fourrière. © Radio France - Gaëlle Schüller.

Le propriétaire du mobil-home parti en fourrière devra payer 8000 euros pour l'enlèvement sans compter les jours de stockage et tous les arriérés... Une petite fortune que le Trésor Public ira lui réclamer.