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Faits divers – Justice

Dans l'enfer de la prostitution à Poitiers

lundi 18 juin 2018 à 6:38 Par William Giraud, France Bleu Poitou

C'est un gros procès qui s'ouvre à partir de ce lundi devant le tribunal correctionnel de Rennes. 23 prévenus sont jugés pour proxénétisme aggravé, traite humaine et association de malfaiteurs. Des faits commis à Poitiers de 2013 à 2017.

Trois anciennes prostituées sont parties civiles au procès.
Trois anciennes prostituées sont parties civiles au procès. © Maxppp - Max Rosereau

Poitiers, France

Ce n'est qu'un réseau parmi d'autres. Mais celui-ci devra répondre de ses actes devant un tribunal. Pendant au moins quatre ans, cette filière franco-nigériane extrêmement bien organisée est soupçonnée d'avoir fait venir des jeunes femmes d'Afrique de l'Ouest, souvent des adolescentes, pour ensuite les forcer à se prostituer dans les rues de Poitiers.

Des filles qui démarrent avec une dette

Le procédé était presque toujours le même. Des intermédiaires basés au Nigeria proposaient à des jeunes femmes d'aller travailler en France. Comme employées de maison. Une fois arrivées à Paris, on leur explique qu'il n'y a pas le travail promis. Et qu'elles doivent rembourser le prix de leur venue : entre 20.000 et 60.000 euros selon les cas.

Un procès qui doit durer 15 jours

"Pour rembourser, pas le choix, il faut faire ce qu'on dit, notamment faire le trottoir" explique un avocat. Parmi les prévenus présents au procès : des proxénètes classiques, d'anciennes prostituées reconverties  en "mères maquerelles", des "mamas" qui chaperonnaient les ados. Et des logeurs qui mettaient à disposition des appartements à Poitiers et Paris pour héberger les filles. Trois jeunes femmes forcées à se prostituer sont parties civiles dans ce procès qui doit durer 15 jours.

Le terrible parcours de Magali

Parmi les victimes du réseau, une jeune Nigériane que nous appellerons Magali. Passée par la Libye, arrivée en France afin de trouver de l'argent pour sa mère malade. Elle a 17 ans quand on lui explique qu'elle va devoir se prostituer. "Si je n'obéis pas, je vais mourir, ils vont embêter ma famille au Nigeria, surtout ma fille" s'entend-elle dire. Elle finit par accepter, contrainte et forcée.

"Ils la frappent quand elle ne ramène pas d'argent"

Puis viennent les premières relations tarifées. L'attente, la nuit, dans le froid. "Les clients qui saignent ou qui ont des maladies". Le petit matin et le retour à l'appartement où elle s'écroule, le bas-ventre meurtri, ceinturé avec une serviette chaude pour diminuer la douleur.

Une association l'aide à sortir de l'enfer

"Elle veut tout arrêter, on la frappe. A chaque fois qu'elle ne ramène pas d'argent, elle reçoit des coups. Elle n'osait pas aller voir la police car elle n'a pas de papiers" explique son avocat. Finalement, Magali échappe à ses logeurs, prend la fuite, dort dans une laverie, avant d'être recueillie par une association qui l'aidera à sortir du  réseau et à raconter toute son histoire. C'est cette histoire, et d'autres, qui seront au coeur du procès qui débute ce lundi.