Faits divers – Justice

Dans l'Yonne, les victimes de la Dépakine heureuses de l'action de groupe lancée contre Sanofi

Par Etienne Escuer, France Bleu Auxerre mercredi 14 décembre 2016 à 10:00

Caroline et François Boudot font partie de l'association des victimes de la Dépakine, l'Apesac.
Caroline et François Boudot font partie de l'association des victimes de la Dépakine, l'Apesac. © Radio France - Etienne Escuer

L'association Apesac vient de lancer une action de groupe contre Sanofi. Elle veut que le laboratoire reconnaisse sa responsabilité dans le scandale de la Dépakine.

C'est une première en France depuis l'autorisation de cette procédure dans le domaine de la santé l'an dernier : une action de groupe a été lancée contre le laboratoire Sanofi. Elle est à l'initiative de l'Association des victimes de la Dépakine (Apesac). Près de 14.000 femmes enceintes ont été exposées à ce médicament entre 2007 et 2014. L'Apesac reproche au laboratoire de ne pas avoir informé les futures mères des risques encourus pour le fœtus lors de la prise de cet antiépileptique.

Francois et Caroline Boudot habitent Ormoy, dans l'Yonne. Leur fils de 7 ans est atteint de troubles du développement à cause de la Dépakine. Membres d'Apesac, ils espèrent désormais que l'action de groupe contre Sanofi ira jusqu'au bout. Même si cela risque de prendre du temps :

"Sanofi va se défendre, avec de bons avocats. Il y aura de nombreuses expertises et contre-expertises, donc cela risque de prendre des années. Mais on saura être patients." - François Boudot

L'objectif, c'est aussi que les familles soient indemnisées, car elles doivent supporter de nombreux coûts au quotidien : psychomotriciens, orthophonistes, écoles privées, transports des enfants en fauteuil roulant, etc... Une première enveloppe de 10 millions a récemment été débloquée par le ministère de la Santé pour les victimes de la Dépakine. Le couple Boudot estime toutefois que ce n'est pas à l’État de payer, mais bel et bien à Sanofi :

"C'est le laboratoire qui a créé ce médicament et qui n'a pas prévenu des risques, dont c'est à lui de payer." - François Boudot

"L'État n'a pas à payer, c'est le laboratoire Sanofi qui est en cause" - François Boudot

L'action de groupe concerne actuellement 14 familles. Si la responsabilité de Sanofi est établie, les autres familles victimes pourront rejoindre cette action. Cela devrait toutefois prendre plusieurs mois voire années.

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