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Dans le Lot, un mois après la mort de Morgan Keane, le procureur durcit le ton face aux accidents de chasse

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Un peu plus d'un mois après le dramatique accident de chasse qui a coûté la vie à un habitant d'une vingtaine d'années de Calvignac, dans la vallée du Lot, le procureur hausse le ton alors que les amies de la victime, elles, veulent alerter le plus haut sommet de l'Etat.

Le procureur de la République de Cahors durcit le ton à l'égard des chasseurs qui s'affranchissent des règles de prudence (illustration).
Le procureur de la République de Cahors durcit le ton à l'égard des chasseurs qui s'affranchissent des règles de prudence (illustration). © Radio France - Sylvie Duchesne

Le 2 décembre 2020, Morgan Keane, un jeune Britannique de 25 ans qui ne participe pas à une battue de chasse est tué par une balle perdue à Calvignac, dans la vallée du Lot. Il est en train de couper du bois chez lui lorsqu'il est pris pour un sanglier par l'un des participants

Immédiatement, la fédération des chasseurs du Lot, par la voix de son président, présente ses condoléances à la famille et l'homme responsable du tir mortel est placé en garde à vue, avant d'être mis en examen pour homicide involontaire, placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de chasser, de détenir ou de porter une arme. A ce moment-là, l'Association pour la protection des animaux sauvages réitère auprès du chef de l'Etat sa demande de "réforme majeure et en profondeur de la chasse".

Fin des alternatives judiciaires aux poursuites

Un peu plus d'un mois plus tard, le procureur de la République de Cahors, Frédéric Almendros, vient de convoquer les instances représentatives des chasseurs dans le Lot pour leur signifier sa détermination à durcir la politique pénale à l'égard des infractions aux règles de bonne conduite à la chasse, après avoir vu doubler le nombre d'accidents sur le terrain entre 2019 et 2020. "J'ai conscience que la chasse est quelque chose d'important dans ce département mais il y a encore des infractions qui sont commises, qu'elles augmentent et qu'il faut aussi qu'un message répressif soit passé et pour moi, c'est la tolérance zéro". 

"Mon message est celui de la tolérance zéro", affirme le procureur de la République de Cahors.

Le procureur qui parle de 40 constats d'infractions réalisés par les forces de police et gendarmerie en 2020 contre moitié moins l'année précédente, entend renoncer aux alternatives aux poursuites judiciaires pour celles et ceux qui sont en infraction aux règles relatives à la chasse. "Il faut resserrer la vis", ajoute encore Frédéric Almendros, qui confirme que les auteurs de ces infractions seront systématiquement poursuivis systématiquement avec des réquisitions notamment de suspension voire d'annulation du permis de chasser, de confiscation des armes et éventuellement de saisie conservatoire des véhicules qui auraient pu servir à commettre des infractions.

Une tribune demande à interroger les règles qui régissent la chasse

Une décision qui va dans le sens de ce que souhaite le groupe "Un jour un chasseur" créé juste après le drame du Lot. Six amies de Morgan Keane, une fois le choc passé, se mobilisent avec l'envie de rendre leur colère utile. "Très vite, on a compris qu'il y avait vraiment quelque chose de l'ordre du ras le bol dans les témoignages qu'on a récoltés", résume Léa, l'une des fondatrices de ce groupe. Elles rassemblement d'abord ces témoignages via une boîte mails avant de créer des comptes sur les réseaux sociaux et de voir plusieurs centaines et aujourd'hui, plusieurs milliers de personnes les suivre.

C'est un problème global explique Léa du groupe "Un jour, un chasseur"

Elles décident alors de rédiger une tribune qu'elles espèrent voir signer par le plus grand nombre d'élus possible pour faire bouger les lignes, à commencer par les maires ruraux les plus concernés par la chasse. Léa, comme ses amis, ne se revendique pas anti-chasse, mais aspire à une prise de conscience collective.

Le frère de Morgan lui aussi demande la responsabilisation des chasseurs

L'avocat de Rowan Keane, le frère de Morgan, Maître Benoît Coussy, lui aussi appelle à responsabiliser les chasseurs. Il pointe du doigt trois niveaux de responsabilités à commencer par celui du chasseur qui a tiré et il estime que le droit qui s'applique aux chasseurs lors de drames comme celui de Morgan Keane ne débouche pas sur des sanctions proportionnées. Il cite l'exemple d'un chasseur de Haute-Savoie condamné à un an de prison ferme pour avoir tiré sur un VTTiste en train de pédaler dans les bois avec des couleurs bariolés. La thèse de l'accident est difficilement soutenable, selon lui mais la justice reconnaît tout de même l'homicide involontaire.

Il interroge aussi la responsabilité du groupe de chasseurs qui accompagnaient l'auteur du ou des tir(s) ainsi que l'erreur administrative qui aurait donné "carte blanche" aux chasseurs pour lutter contre la propagation des sangliers en période de confinement. Des investigations complémentaires doivent encore être réalisées, précise l'avocat, pour déterminer avec précision le déroulé des faits. 

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