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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Dans le Loiret, les gilets jaunes tiennent bon

samedi 24 novembre 2018 à 18:48 Par Cyrille Ardaud, France Bleu Orléans

Combien étaient-ils ce samedi dans le Loiret ? Difficile à dire car la Préfecture ne communique plus sur les chiffres. Une chose est sûre, ils sont moins nombreux que la semaine passée. Mais les gilets jaunes restent très mobilisés dans le département, avec une douzaine de mobilisations.

Ils étaient environ 200 gilets jaunes sur le rond point Gérondeau ce samedi matin
Ils étaient environ 200 gilets jaunes sur le rond point Gérondeau ce samedi matin © Radio France - Cyrille Ardaud

Saran, France

Une semaine après la première mobilisation, des gilets jaunes sont toujours mobilisés, ce samedi, dans le Loiret. Impossible de dire en revanche combien ils sont, la Préfecture a décidé de ne plus communiquer cette donnée. Elle affirme cependant qu'ils sont moins nombreux que samedi 17 novembre, où 4 300 personnes avaient fait savoir leur colère.

Au rond-point Gérondeau de Saran, des manifestants sont restés mobilisés toute la semaine. À cet emplacement, ils étaient environ 200, samedi, à enfiler de nouveau, ou pour la première fois le gilet jaune. Des citoyens en colère qui ne veulent rien lâcher. 

"Depuis le temps qu'on dit que ça va péter ! Les gens en ont marre !"

Des abris de fortune ont été fabriqués avec des palettes et des bâches, des feux sont allumés pour se réchauffer. Une cuisine a même été bricolée avec les moyens du bord. Christophe s'en amuse : "Une bonne cuisine même ! Le piquet est là pour un bout de temps. On a des boissons, des croissants, du café, du chocolat... tout ce qu'il faut pour tenir le siège !"

Gilets jaunes mobilisés, routes barricadées : personne ne peut passer. - Radio France
Gilets jaunes mobilisés, routes barricadées : personne ne peut passer. © Radio France - Cyrille Ardaud

Un siège qui dure depuis une semaine. Les manifestants se sont installés, ont pris leur marque. Initialement, ils se mobilisaient contre le prix du carburant. Mais désormais ils livrent une multitude de combats : les taxes et les impôts de manière générale, le train de vie des élus, le prix du fioul... Cela ne surprend pas José, qui passe ses journées sur place depuis une semaine : "Depuis le temps qu'on dit que ça va péter ! Aujourd'hui tout le monde est monté dans le train des gilets jaunes pour exprimer sa colère ! Il y a celui qui n'arrive pas à s'en sortir, celui qui est abusé... les gens en ont marre !"

Quelques automobilistes remontés, et beaucoup d'autres solidaires 

Le rond-point Gérondeau, comme de nombreux autres endroits dans le Loiret, est un barrage filtrant. Les véhicules peuvent passer mais après une attente plus ou moins longue. Manu est justement chargé de faire la circulation : "Ça peut être une attente de cinq minutes, ou alors de dix minutes (ou beaucoup plus, ndlr), tout dépend du flot de voitures. Là il n'y en a plus donc ils vont débloquer là-bas. On essaie de se coordonner, c'est pas toujours évident."

Les voitures doivent attendre parfois plusieurs dizaines de minutes avant de pouvoir passer - Radio France
Les voitures doivent attendre parfois plusieurs dizaines de minutes avant de pouvoir passer © Radio France - Cyrille Ardaud

Quelques automobilistes s'impatientent, quelques-uns s'énervent, mais globalement la plupart prennent leur mal en patience. D'autres sont carrément solidaire du mouvement, comme Méliké, qui a dû attendre plus d'un quart d'heure : "Ça ne me gêne pas. Je suis d'accord avec eux, ils ont bien raison ! J'écoute de la musique pour faire passer le temps."

"Depuis ce matin on n'a vu aucun client"

Mais il y en a qui aimeraient voir le mouvement des gilets jaunes s’essouffler... ou en tant cas se déployer loin d'eux, les commerçants. Le magasin de meubles Gautier est juste au niveau du rond-point Gérondeau. Samedi 17 novembre, faute de clients, il a fermé a midi. Ce samedi, il est resté ouvert toute la journée mais sa gérante Soraya est très en colère : "Qu'ils aillent bloquer le parlement ou les institutions, je suis d'accord ! Mais qu'ils ne viennent pas gêner les commerçants. Je pense qu'ils ne nous comprennent pas. On a besoin d'avoir des clients, le samedi c'est une journée importante. Si on ne fait pas notre chiffre maintenant, on le fera quand ?" elle poursuit : "Depuis ce matin on n'a eu aucun client. À Cap Saran ce sont des commerces qui viennent d'ouvrir, et qui sont donc encore fragiles, il ne faudra pas s'étonner que des magasins ferment."

"Qu'ils aillent bloquer le parlement ou les institutions !" la colère de Soraya, gérante d'un magasin à Saran

La gérante dénonce également des incivilités, et notamment des gilets jaunes qui urinent aux abords de son magasin. Quant aux gilets jaunes, ils ont la ferme intention de rester mobilisés le plus longtemps possible. Certains rêvent même d'un réveillon ... sur le rond-point !

Réécoutez le reportage de France Bleu Orléans