Faits divers – Justice

Dans le procès de l'avalanche de Chaulange, le procureur demande la relaxe pour le guide-enseignant

Par Véronique Saviuc, France Bleu Drôme-Ardèche et France Bleu Isère mardi 8 novembre 2016 à 19:19

L'adolescent n'avait pas de DVA, mais ce n'est pas cela qui a causé sa mort
L'adolescent n'avait pas de DVA, mais ce n'est pas cela qui a causé sa mort © Maxppp -

Dans le procès du guide-enseignant de Die poursuivi après la mort d'un lycéen dans une avalanche en janvier 2015 au dessus de Villard-de-Lans (Isère), le procureur a requis la relaxe mardi au tribunal correctionnel de Grenoble. Il considère qu'il n'y a pas de faute pénale. Jugement le 7 décembre.

Le procureur a requis la relaxe dans le procès du professeur et guide de montagne du lycée de Die qui comparaissait pour homicide involontaire après l'avalanche qui a tué un élève de terminale de 17 ans de la section Sport-Nature en janvier 2015 dans la combe de Chaulange au dessus de Villard-de-Lans (Isère) dans le Vercors.

Renaud ne portait pas d'appareil détecteur d'avalanche ce jour-là, et il n'a été retrouvé que deux heures après l'avalanche. Le procureur considère que le guide n'a pas de responsabilité pénale dans l'accident parce que l'adolescent n'est pas mort d’asphyxie ou d'hypothermie à cause de son séjour sous la neige, mais du choc contre un arbre qui a provoqué une hémorragie interne et une fibrillation du cœur.

Pour ce qui est du choix de la sortie et des moyens mis en place pour la sécurité des lycéens, le procureur considère que le guide n'a pas commis de faute. L'avalanche s'est déclenchée à 1900 mètres d'altitude, là où le risque était estimé à 2 sur 5, risque limité. Il avait choisi une trajectoire sur une pente faible et il avait donné la consigne à ses élèves de respecter des distances de sécurité. Tous ne l'ont pas fait, mais les consignes ont été données.

Il y a peut-être responsabilité morale, dit le procureur, mais ça le regarde. Peut-être une responsabilité professionnelle mais il a déjà été sanctionné , avant même le procès. Il a été suspendu pendant six mois sans traitement et affecté à un nouveau lycée comme simple professeur d'éducation physique. Lycéens, familles, collègues, et même le père de Renaud ont reconnu les compétences et les qualités humaines du guide pendant la procédure. Maître Denis Dreyfus, l'avocat de la famille du lycéen, craint un mauvais signal si le guide est relaxé. Il souhaite qu'il soit reconnu coupable mais dispensé de peine.

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