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Faits divers – Justice

Dans les coulisses de la formation des jurés à la Cour d'assises de la Moselle

lundi 9 avril 2018 à 17:50 Par Cécile Soulé, France Bleu Lorraine Nord

France Bleu Lorraine vous emmène à la découverte de la formation des jurés tirés au sort dans la session d'avril de la Cour d'assises de la Moselle. Une formation très utile pour appréhender au mieux le rôle de juré et l'organisation du procès.

La présidente de la Cour d'assises et l'avocat général expliquent aux jurés leur mission
La présidente de la Cour d'assises et l'avocat général expliquent aux jurés leur mission © Radio France - Cécile Soulé

Metz, France

Devenir juré d'assises, ça ne s'improvise pas! C'est pour cela qu'avant chaque session de la Cour d'assises, les Mosellans tirés au sort pour juger une affaire criminelle aux côtés des magistrats professionnels ont droit à une demi-journée de formation. C'était le cas ce lundi pour la nouvelle session d'avril. Une formation bien utile pour appréhender au mieux son rôle de juré, une mission pas forcément évidente. 

C'est une drôle d'ambiance parce que juger quelqu'un c'est bizarre - Eddy, juré

Le décor de la Cour d'assises est déjà impressionnant: la grande salle audience avec ses sièges capitonnés et ses boiseries, les magistrats avec leur robe rouge et noire. Eddy, projectionniste dans une salle de cinéma, découvre un autre monde : "C'est une drôle d'ambiance, parce que juger quelqu'un, c'est bizarre.  En plus, les affaires sont assez dures. C'est des trucs pas cool". 

Nous jugeons à charge et à décharge, une affaire n'est pas blanche ou noire - la présidente de la Cour d'assises

Dans cette session d'assises, 3 affaires de viols sont jugées. Les 45 jurés titulaires et suppléants ont plus de 23 ans, sont de nationalité française et inscrits sur les listes électorales. 6 vont être choisis à chaque procès - 9 en appel-  pour délibérer aux côtés de 3 magistrats professionnels, 2 assesseurs et la présidente de la cour d'assises, Anne Cazals, qui le répète à son auditoire : vous devez juger en toute impartialité : "Nous jugeons à charge et à décharge, un accusé n'est pas tout noir,une victime n'est pas toute blanche et une affaire n'est pas blanche ou noire. Tout est gris, et cela nécessite d'être attentif à ce qui se passe lors des débats, puisqu'au-delà du dossier d'instruction, tout se rejoue à l'audience". 

L'emprisonnement est une peine redoutable et il faut en avoir conscience - l'avocat général

D'autres professionnels interviennent dans cette formation des jurés comme l'avocat général Julien Le Gallo : "Ils ont une appréhension du rôle de l'avocat, de l'avocat général, du président d'assises, mais aussi de la vie en détention parce que dans les préjugés et les clichés, on entend souvent que dans une cellule de prison, il y a la télévision, qu'il fait bon vivre. La réalité est tout autre.  L'emprisonnement est une peine contraignante qui agit sur le physique. C'est une peine redoutable et il faut en avoir conscience". 

C'est très important d'y participer en tant que citoyen - Marine, juré

Après cette demi journée d'explication, Marine se sent prête à devenir juré, cette habitante de Lorquin a même appris des choses : "Je ne pensais pas qu'on allait pouvoir déterminer le nombre d'années de prison, je pensais que c'était simplement coupable ou non coupable. Du coup, ça rend l'exercice encore plus intéressant. Ce n'est pas quelque chose à prendre à la légère, c'est très important d'y participer en tant que citoyen". 

Réécoutez le reportage de Cécile Soulé

Les magistrats le rappellent: être juré, c'est un héritage de la révolution française qui fait partie de l'exercice démocratique. A ce titre, les voix des jurés comptent autant que celles des magistrats professionnels. Pour s'y soustraire, il faut avoir une bonne raison personnelle ou professionnelle, sinon c'est une amende, elle peut aller jusqu'à 3.500 euros.