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Faits divers – Justice

Dans sa maison depuis 51 ans, la veuve du cheminot risque d'être expulsée

A Putot en Bessin dans le Calvados, la veuve d'un cheminot a appris, même pas deux mois après le décès de son mari, qu'elle devait quitter la maison de garde-barrière où le couple a vécu pendant 51 ans. La SNCF invoque des raisons de sécurité. Sur place, c'est l'incompréhension et l'amertume.

Entourée de ses filles Myriam et Gaëlle, Marie-Dominique Aubin doit quitter la maison dans laquelle elle s'est installée en 1968 avec son mari.
Entourée de ses filles Myriam et Gaëlle, Marie-Dominique Aubin doit quitter la maison dans laquelle elle s'est installée en 1968 avec son mari. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Putot-en-Bessin, Thue et Mue, France

C'est une coquette petite maison blanche, toute fleurie, située en bordure de voie ferrée. Ici passe une vingtaine de trains par jour. Mais même le Paris Cherbourg lancé à pleine vitesse, Marie Dominique Aubin ne l'entend plus. "Au début pourtant je me suis dit que je ne pourrais pas supporter le bruit, se souvient-elle, et puis finalement on s'habitue !" La sexagénaire, très alerte, qui vous invite chaleureusement à visiter sa maison, est rongée par les tracas. Depuis qu'elle a perdu son mari, ancien cheminot, et que deux mois plus tard, elle a reçu un courrier de la SNCF. "Papa est décédé le 18 septembre 2018, raconte sa fille Gaëlle, et on a reçu la première lettre d'expulsion de maman le 16 novembre 2018." 

Marie-Dominique Aubin a passé toute sa vie dans cette maison. Mais situé trop près des voies, la SNCF explique que le bâtiment doit être détruit.  - Radio France
Marie-Dominique Aubin a passé toute sa vie dans cette maison. Mais situé trop près des voies, la SNCF explique que le bâtiment doit être détruit. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

"C'est très violent...", confie Marie-Dominique

Son mari Serge était cheminot et a travaillé pendant 35 ans à l'entretien des voies. Le logement, une ancienne maison de garde barrière située au passage à niveau 70 aujourd'hui condamné, était un accessoire à son contrat de travail. Après sa retraite en 1998, le couple a pu rester dans les lieux. Mais à la mort de son mari, "elle est devenue occupante sans titre", explique la SNCF. Ce qui ne justifie pas la brutalité de l'annonce se désole Marie-Dominique. "Ça fait 51 ans qu'on est là... Mes filles ont grandi là, mon mari est mort ici... C'est très violent". Cette maison, elle aimerait y rester encore quelques temps, d'autant qu'elle y a fait de nombreux travaux. La SNCF aussi. L'an dernier, l'entreprise a changé les fenêtres et refait une dépendance pour plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Une vingtaine de trains, dont le Paris-Cherbourg, passent ici chaque jour.  - Radio France
Une vingtaine de trains, dont le Paris-Cherbourg, passent ici chaque jour. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

La CGT Cheminots pas convaincue par les arguments de la SNCF

Mais la règle c'est la règle et la sécurité c'est la sécurité s'arc-boute la SNCF. "Depuis l'accident de Millas, la législation a évolué, explique le référent national logement de l'entreprise, nous sommes soumis à des règles de sécurité, ces bâtiments situés dans les emprises ferroviaires très proches des voies sont incessibles et doivent être détruits." La CGT cheminots qui soutient Marie Dominique n'est pas convaincue. "J'ai bien peur que ce ne soit qu'un prétexte, s'inquiète David Cardin, je pense que c'est une politique de la SNCF Novidis, qui gère tout ce qui est immobilier en France. Il y a eu une expertise qui soit disant indiquerait qu'il y a un problème de sécurité, on a demandé à la voir mais on n'a obtenu aucun document". 

Le témoignage de Marie-Dominique Aubin, veuve d'un cheminot qui risque l'expulsion de sa maison.

En attendant, Marie Dominique continue d'entretenir sa petite maison, en regardant passer les trains. Et en espérant un sursaut d'humanité de la part d'une entreprise à qui son mari a donné 35 ans de sa vie. Aux dernières nouvelles, elle devra avoir quitté le logement au 31 décembre prochain.

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