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Démantèlement d'un trafic de stupéfiants à Ajaccio

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Par , France Bleu RCFM

Un important trafic de stupéfiants a été démantelé le mois dernier par les policiers de la DDSP, la direction départementale de la sécurité publique à Ajaccio. Il révèle une augmentation inquiétante de la consommation de cocaïne dans la cité impériale.

Police (illustration)
Police (illustration) © Radio France - radiofrance

Les hommes de la DDSP d’Ajaccio, appuyés par les équipes du GIR, le groupe d’intervention régional, ont démantelé le mois dernier un important trafic de stupéfiants à Ajaccio. Six personnes ont été mises en examen, dont deux ont été écrouées. Le trafic durait depuis plusieurs mois et atteste de l’augmentation inquiétante de la consommation de cocaïne dans la région.

L’affaire a débuté en août dernier avec l’interpellation d’un jeune homme de 20 ans en possession d’une arme de calibre 9mm et de six bonbonnes de cocaïne, c’est-à-dire, de six petits sachets conditionnés renfermant quelques dizaines de grammes de poudre blanche. Grâce à l’exploitation du téléphone portable de ce jeune, les policiers du groupe « voie publique » de la DDSP d’Ajaccio ont identifié un réseau de vente de cocaïne via l’application Snapchat et grâce un téléphone occulte, sur lequel les acheteurs potentiels contactaient les vendeurs. 

10 000 euros par semaine

Après cette interpellation, les policiers ont placé plusieurs personnes sous surveillance: écoutes, sonorisations de véhicules, de chambres d’hôtel, filatures, en quelques mois ils mettent au jour un trafic très établi et en pleine expansion. 

Chaque semaine, les dealers écoulaient environ 200 bonbonnes de cocaïne, contenant chacune 0,35 grammes de drogue, vendues 50 euros l’unité, soit un gain total de 10 000 euros par semaine. 

Six acteurs principaux sont identifiés, dont les deux « têtes pensantes » du trafic. Deux hommes de 22 et 25 ans, issus de bonnes familles et déjà connus des services de police pour des affaires de stupéfiants. Les deux jeunes hommes menaient grand train, voyage en Espagne, location de chambres d’hôtel, location permanente de véhicules, et possédaient beaucoup d’argent liquide, sans toutefois avoir d’activité professionnelle ni de revenus officiels. 

Un restaurant "lessiveuse"

Dans le groupe, se trouvait également un restaurateur du centre-ville, âgé de 36 ans. D’abord simple consommateur, sa difficulté à payer sa propre consommation l'a conduit à prendre part au trafic, à l’intérieur même de son restaurant. Les deux dealers le soupçonnent alors de couper la cocaïne avant de la revendre et le « corrigent » fortement à deux reprises, avant de lui soustraire son véhicule puis peu à peu de prendre possession de son établissement. Le restaurant est alors en redressement judiciaire. « Le but était de faire du restaurant leur lessiveuse, d’y blanchir l’argent du trafic. Ils avaient même commencé à faire des travaux à l'intérieur de l'établissement », explique Fabrice Menier, le chef de la sûreté départementale, le service d’investigation de la DDSP. 

En plus des faits de trafic, transport, détention, acquisition, cession de stupéfiants et association de malfaiteurs, les deux hommes ont d’ailleurs été mis en examen pour extorsion.

Détention et contrôles judicaires

L'interpellation des deux principaux acteurs du trafic est intervenue le 7 février, alors qu’ils s’apprêtaient à prendre l’avion avec leurs compagnes respectives en direction d’Amsterdam.

Au cours des perquisitions, les policiers ont retrouvé 6000 euros en liquide, des éléments attestant d’une comptabilité occulte, 70 grammes de cocaïne, des sachets de conditionnement et des plants de cannabis en culture « indoor ». Mais pas de trace du coffre-fort rempli de billets devant lequel l’un des protagonistes s’était fait photographier à l’aide de son téléphone portable.

En tout ce sont six personnes qui ont été interpellées, deux ont été placées en détention, à Borgo et Ajaccio, les quatre autres ont été placées sous contrôle judiciaire.  

Une consommation de cocaïne extraordinaire

Dans cette affaire, les enquêteurs de la DDSP ont également entendu de nombreux consommateurs en tant que témoins. Et ils s’alarment de l’ampleur prise par la consommation de cocaïne dans la région ajaccienne ces dernières années. « L’usage de cocaïne n’est plus seulement réservée aux toxicomanes », déplore Fabrice Menier. «Aujourd’hui, la cocaïne est devenue récréative, de nombreux jeunes en consomment le week-end lors de leurs sorties avec les conduites qui en découlent, des bagarres, des jeunes qui conduisent en ayant consommé de la drogue etc… »

Selon les policiers, à l’échelle d’une ville comme Ajaccio, la consommation de coke est « extraordinaire ». « Et avec l’argent qu’il rapporte, ce secteur suscite beaucoup de vocations », poursuit le chef de la sûreté départementale. 

D’ailleurs le groupe « voie publique » de la DDSP va bientôt subir une transformation pour devenir une unité spécialisée dans la lutte contre les stupéfiants et l’économie souterraine. 

« Ce qui est nouveau, ce sont les phénomènes comme on en voit dans les cités sur le continent », raconte Fabrice Menier. « On voit désormais des jeunes qui se font payer pour surveiller l’entrée d’un quartier par exemple. On met souvent la consommation de coke sur le compte des estivants, là on est en plein hiver, moi ça m’effraie ». 

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