Faits divers – Justice

Fermer ou fusionner les écoles en zone rurale ? Une charte pour trouver des solutions dans la Loire

Par Maxime Bacquié, France Bleu Saint-Étienne Loire lundi 19 décembre 2016 à 18:14

La rectrice Françoise Moulin-Civil (à gauche), le préfet de la Loire Evence Richard (au centre) et le président des maires ruraux de la Loire Bernard Fournier à la signature de cette charte.
La rectrice Françoise Moulin-Civil (à gauche), le préfet de la Loire Evence Richard (au centre) et le président des maires ruraux de la Loire Bernard Fournier à la signature de cette charte. © Radio France - Maxime Bacquié

Un tiers des écoles de la Loire sont en zone rurale, l'un des plus forts taux de l'académie de Lyon. Dans certaines écoles, on compte seulement un ou deux élèves par tranche d'âge. Il y a donc des ajustements à effectuer et pour trouver des compromis, le rectorat met en place une nouvelle charte.

"Le dialogue existait déjà entre toutes les parties, mais avec cette charte, on veut vraiment mettre tout le monde autour de la table pour trouver des compromis sur chaque situation problématique". En une phrase, la rectrice d'académie Françoise Moulin-Civil résume l'objectif de cette nouvelle charte, signée ce lundi en préfecture de la Loire. Pas de seuil ni de règle dans cette charte, seulement un principe : réunir tous les acteurs concernés pour trouver des solutions sur les écoles en zone rurale qui sont en sous-effectif.

"Cette charte permet de cibler les problèmes et de les résoudre en dialoguant" Françoise Moulin-Civil

"Pour acquérir les réflexes en société, un élève ne doit pas être isolé" (Jean-Pierre Batailler, directeur académique de la Loire)

"Une école en sous-effectif, c'est d'abord mauvais pour les élèves," explique Jean-Pierre Batailler, le directeur académique de la Loire, qui poursuit : "pour gagner en connaissances et surtout acquérir les réflexes en société, un élève ne doit pas être isolé. Dans certaines écoles, on compte seulement un ou deux élèves d'une tranche d'âge, ce n'est pas tenable sur la durée". Avec cette charte, quand une situation problématique sera détectée, un comité sera créé avec un représentant de toutes les parties concernées : l'éducation nationale, la préfecture, les élus et, dans les cas les plus épineux, un médiateur sera nommé.

La charte signée ce lundi en préfecture. - Radio France
La charte signée ce lundi en préfecture. © Radio France - Maxime Bacquié

Un droit de veto pour les maires?

Le président des maires ruraux de la Loire, Bernard Fournier, est convaincu par cette charte. "Avant tout, nous, ce qu'on souhaite, c'est qu'on ne puisse rien nous imposer. Avec cette charte, on va pouvoir participer aux discussions." De là à opposer un droit de veto ? "Non non, on ne le voit pas comme ça. On doit pouvoir trouver des compromis en ayant toujours à l'esprit le bien de l'enfant. Mais c'est vrai que dans nos communes rurales, l'école fait partie de l'âme du village, comme le boulanger ou l'épicier."

La fusion de deux écoles, la création d'un RPI (Regroupement Pédagogique Intercommunal) ou la création d'une classe multi-niveaux font partie des solutions possibles en cas de sous-effectif dans une école. Dans la Loire, un tiers des 513 écoles publiques sont en zone rurale et le département est le premier de l'académie de Lyon a signer cette charte, qui existe déjà dans d'autres académies. La Loire compte 61 341 écoliers dans le public et un peu plus de 11 000 dans le privé, des chiffres stables ces dernières années.