Faits divers – Justice

Neuf supporters de l'ASSE condamnés à de la prison ferme pour avoir saccagé un mariage

Par Mathilde Montagnon, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu jeudi 7 janvier 2016 à 2:45

Les avocats de la défense et le procureur de la République
Les avocats de la défense et le procureur de la République © Radio France - Mathilde Montagnon

Dix supporters de l'AS Saint-Étienne comparaissaient devant le tribunal de Villefranche-sur-Saône pour le saccage d'un mariage dans le Beaujolais. Ils ont été condamnés à des peines allant de un an de prison, dont huit mois avec sursis, à trois ans dont six mois avec sursis. Un seul a été relaxé.

Ils voulaient "détruire le plus beau jour de la vie" d'un supporter lyonnais mais leur expédition punitive s'est trompée de cible. Dix supporters de l'AS Saint-Étienne comparaissaient ce mercredi devant la justice pour le saccage d'un mariage dans le Beaujolais. Le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône a prononcé une seule relaxe, au bénéfice du doute. Les autres prévenus ont été condamnés à de la prison ferme avec des peines allant d'un an de prison, dont huit mois avec sursis, à trois ans dont six mois avec sursis pour celui qui avait été présenté comme le cerveau de l'opération.

Maître Laurent Verilhac défendait notamment ce supporter de 33 ans, présenté comme le leader cette opération commando. C'est lui qui écope de la peine la plus lourde : 2 ans et demi de prison ferme. Mais Me Verilhac s'y attendait. 

Me Laurent Verilhac

L'un des avocats des parties civiles, Maître Guyenard, lui, s'attendait peut-être à un peu plus.

Me Guyenard

La question de l'indemnisation des victimes sera abordée au civil en avril prochain. Les condamnés ont par ailleurs 10 jours pour faire appel.

Tout avait été prévu, sauf que l'adresse du mariage n'était pas la bonne

Cette expédition punitive devait viser un supporter lyonnais. Mais une mauvaise information sur un faire-part de mariage a induit en erreur les supporters stéphanois. Pourtant, cette opération commando, quasi militaire, avait été préparée plusieurs mois à l'avance, lors de réunions au local des Magic fans à Saint-Étienne : le recrutement de l'équipe, la réservation de la camionnette, l'achat des combinaisons, la préparation des barres de fer... tout était coordonné, une organisation quasi professionnelle. Mais sur place, non seulement ce n'est pas le bon mariage, mais le commando se retrouve  nez à nez avec le traiteur et ses employées.

Reportage de Mathilde Montagnon

Heureusement, il n'y a pas eu de violences physiques. C'était même l'objectif des supporters de l'ASSE. Agir vite (moins de deux minutes) pour éviter la confrontation, éviter les blessés. Pour ne faire que des dégâts matériels. Face aux parties civiles, les prévenus expriment des regrets, versent des larmes parfois, parlent de leur honte même, et reconnaissent avoir fait une "grosse bêtise". Par "solidarité" envers le groupe des Magic fans ou pour ne pas passer pour "un dégonflé".