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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Prison ferme pour les six personnes interpellées avant la manifestation des gilets jaunes à Orléans

Le tribunal correctionnel d'Orléans a condamné ce lundi quatre hommes et deux femmes à des peines allant de six à dix-huit mois de prison ferme. Cinq ont été incarcérés après l'audience. Ils avaient été arrêtés avant la manifestation des gilets jaunes à Orléans, avec des cocktails molotov notamment.

Manifestation de gilets jaunes en avril 2019 (photo d'illustration)
Manifestation de gilets jaunes en avril 2019 (photo d'illustration) © Radio France - Thomas Coignac

Orléans, France

Le délibéré est tombé tard dans la soirée ce lundi : les six personnes interpellées vendredi soir, à la veille de la manifestation des gilets jaunes à Orléans, sont condamnés à des peines allant de six mois à dix-huit mois de prison ferme. Cinq des six prévenus ont été placés sous mandat de dépôt à l'issue de cette audience de comparution immédiate.

Les prévenus se sont connus lors du mouvement des gilets jaunes

Eric, Anthony, Jérôme, Alexandra, Sophie et encore Anthony disent s'être connus à travers les manifestations de gilets jaunes. Leurs professions : charpentier en passe de retrouver un CDI, assistante maternelle, vendeuse, demandeur d'emploi... Ils sont originaires du Loiret, de Châlette-sur-Loing, dans le Montargois, de Chevilly, Orléans. Un seul, qui se revendique comme étant un black bloc, est venu d’Alsace. A la fin de l'audience, avant le délibéré, tous ont exprimé "des regrets" et leur souhait de "quitter le mouvement des gilets jaunes".

Arrêtés avant la manifestation, vendredi soir à Orléans

Vendredi dernier vers 23 heures, la B.A.C les interpelle en flagrant délit dans les rues d'Orléans, quelques heures avant un rassemblement de gilets jaunes, pour lequel le préfet a signé un arrêté interdisant de passer par le centre-ville. Après avoir "effectué du repérage", selon les mots du ministère public, deux couples déposent des cocktails molotov dans des massifs de fleurs de la place du Martroi, en plein cœur d'Orléans. Ils sont interpellés. Plus tard, dans un véhicule qui se trouve boulevard Alexandre Martin, puis lors de perquisitions, les enquêteurs saisissent un véritable arsenal : cagoules, couteau, marteau, des masques à gaz, des balles de ping-pong remplies de poudre et des dizaines de cocktails molotov.

On est loin d'une insurrection urbaine" (avocat de la défense)

« On a évité le pire », accuse le procureur de la République Nicolas Bessone. « C’était pour se protéger des violences policières » se défend un des prévenus, « au cas où ». Pour les avocats de la défense, on est loin d’être en présence de violents activistes. "Ils _ne sont pas organisés, ils n’ont pas d’idéologie politique_, ils ne sont pas même foutus de monter une liste électorale !", s’exclame l’avocat de l’un des deux principaux prévenus, deux des gilets jaunes de Châlette sur loing qui aurait monté l’opération. "Fabriquer, transporter des produits incendiaires c’est grave, c’est même interdit mais c’est tout, on est loin d’une insurrection urbaine", explique la défense

Une vraie association de malfaiteurs" (procureur)

Ce n'est pas l'avis du procureur de la République Nicolas Bessone : il estime qu'il y a "une vraie association de malfaiteurs prête à s’en prendre à des bâtiments publics et aux forces de l’ordre". Ce dernierbrandit une fiche des Renseignements Territoriaux pendant l'audience. Dans ce document fourni par le Ministère de l’Intérieur, l’un des accusés est surnommé "le gitan", un autre "l’artificier". Cela provoque un incident d’audience : les avocats dénoncent le fait de ne pas avoir été informés de cette note, un document à diffusion restreinte qui ne doit pas être rendu public sans procès-verbal d’autorisation. Un des avocats des prévenus demande donc purement et simplement l’ajournement du procès, ce que la présidente du tribunal refuse. L'audience s'est finalement terminée tard dans la soirée ce lundi.