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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Débordements lors des manifestations des gilets jaunes : un jeune condamné à quatre mois de prison au Havre

lundi 3 décembre 2018 à 18:02 Par Marie-Jeanne Delepaul, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu

Un mécanicien de 22 ans a été condamné ce lundi à quatre mois de prison ferme avec mandat de dépôt par le tribunal correctionnel du Havre. Il est reconnu coupable de dégradations aux abords du stade et de détention de stupéfiants avec récidive, mais il est relaxé pour violence contre les policiers.

Illustration : des gilets jaunes bloquant le rond-point de la Brèque à Harfleur.
Illustration : des gilets jaunes bloquant le rond-point de la Brèque à Harfleur. © Radio France - Clément Conte

Le Havre, France

Plusieurs manifestants sont jugés ce lundi en comparution immédiate dans toute la France après les débordements de ce week-end lors de la troisième manifestation des gilets jaunes, notamment à Rouen en Seine-Maritime. Au Havre, il n'y a eu qu'un seul procès, celui d'un jeune jeune mécanicien automobile havrais âgé de 22 ans. Interpellé samedi vers 22h00, il a été entendu deux fois lors de sa garde à vue.

Il a été condamné à quatre mois de prison ferme pour sa participation aux dégradations (feux de palettes et incendies de poubelles) et pour détention de stupéfiants en récidive. Sa peine est assortie d'un mandat de dépôt.

Pas un gilet jaune

Pour son avocat, c'est le coupable idéal. Le jeune homme n'est pas un gilet jaune. Il n'est pas venu près du stade Océane pour manifester, il le reconnaît lui-même, il ne faisait que passer... sauf qu'il a quand même mis une bûche - d'après lui tombée à ses pieds - dans un feu de palettes. Par contre, il nie avoir mis le feu à des containers et caillassé les forces de l'ordre.

Les policiers, eux, sont formels : casquette, doudoune bleue, jean gris... C'est bien lui qui leur aurait jeté des pierres à plusieurs reprises, sans les atteindre ni faire de blessé. Pour l'avocat du jeune homme, "à moins d'avoir un œil de lynx", difficile d'être formel dans le noir, à 22h00, et alors que tout le monde ce soir-là porte une doudoune. Il réclame la relaxe.

Le problème, c'est que ce soir-là, son client a plus d'un gramme d'alcool dans le sang, et est interpellé en possession de trois grammes de résine de cannabis, alors qu'il a déjà été condamné plusieurs fois pour détention de stupéfiants. Sorti de prison en février grâce à un aménagement de peine assorti de l'obligation d'effectuer un travail d'intérêt général, il ramasse depuis des déchets pour la mairie du Havre. En tout, le prévenu a été condamné huit fois entre 2015 et 2018, notamment pour des faits de violence et conduite sans permis et sans assurance.

L'avocat dénonce un procès pour l'exemple

Selon son avocat, qui demande une obligation de soins pour "l'addiction aux cannabis" de son client, ces trois grammes de résine sont le prétexte qu'utilise le ministère public pour faire un procès pour l'exemple.  "C'est le procès de l'Arc de triomphe !"

Pour le procureur, au contraire, il s'agit bien d'un casseur qui a infiltré les manifestants pour semer le chaos. "Ses explications ne tiennent pas, il avait les mains, le visage et les vêtements noirs de fumée, les forces de l'ordre l'ont plusieurs fois identifié comme l'auteur de violences." Il a requis douze mois de prison, dont quatre ferme, avec mandat de dépôt, ainsi qu'une mise à l'épreuve avec obligation de soins et obligation de travailler. "Dans cette période troublée, il faut faire passer le message que la violence envers les policiers est inacceptable. La liberté de manifester ne signifie pas liberté de casser. Sans revendication politique, il n'est venu que pour perturber une manifestation légitime", insiste le procureur. Le tribunal ne l'a toutefois pas reconnu coupable de violences contre les  forces de l'ordre.

Gildas Babela, l'avocat du prévenu dénonce "le procès de l'Arc de Triomphe, pas celui du jeune homme"

Hormis ce jeune mécanicien, samedi entre 18h30 et 22h quatre autres personnes ont été interpellées au Havre : deux mineurs, l'un convoqué devant un juge des enfants, l'autre domicilié à Rouen et qui y sera donc jugé. Les policiers ont également arrêté deux adultes, convoqués en janvier.  Leurs garde à vue ont toutes été levées dimanche. Une sixième personne a été interpellée à son domicile samedi matin, cet homme est convoqué en mai, il a refusé tenté de se soumettre à un contrôle d'identité vendredi sur le barrage de Harfleur et aurait - selon les forces de l'ordre - tenté de foncer sur un policier avec sa voiture.

Il pourrait y avoir d'autres interpellations, les enquêteurs sont en train de visionner toutes les vidéos prises par les forces de l'ordre et les caméras des magasins pour identifier des éventuels suspects.