Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

Decazeville : l’hôpital de proximité qui veut survivre coûte que coûte

mardi 29 mai 2018 à 8:30 Par Bénédicte Dupont et Guillaume Farriol, France Bleu Occitanie

En souffrance depuis vingt ans, le Centre Hospitalier de Decazeville en Aveyron a vu sa maternité fermer définitivement l'été dernier. Syndicats, élus et comité de défense s'inquiètent pour l'avenir de l'établissement.

Début mai, début d'une nouvelle grève à l'hôpital de Decazeville.
Début mai, début d'une nouvelle grève à l'hôpital de Decazeville. - Pascal Mazet (CGT) - Twitter @PascalMazet

Aveyron, France

Menacée depuis près de 20 ans, un terrible drame en octobre 2016 avait précipité la fermeture de la maternité de Decazeville, au nord de l'Aveyron. Une mère et son enfant étaient morts pendant un accouchement. L'ARS a finalement prononcé l'arrêt du service en juillet 2017 même si les experts attestent que la prise en charge était conforme aux bonnes pratiques. La maternité accueillait 300 parturientes par an en moyenne pour un bassin de 40.000 habitants. Depuis, les défenseurs de l'hôpital se mobilisent et surveillent de près ce qui pourrait arriver en second rideau, la fermeture d'autres services.

Avec 400 salariés, l’hôpital est le premier employeur de Decazeville. - Aucun(e)
Avec 400 salariés, l’hôpital est le premier employeur de Decazeville. - Google Street

Maxime Gaillac, aide-soignant et secrétaire CGT à l'hôpital était l'invité de France Bleu ce mardi. Il s'apprête à proposer aux salariés la levée de la grève. Le mouvement a été lancé début mai pour réclamer un rendez-vous avec la directrice de l'Agence Régionale de Santé (ARS) à Montpellier. La rencontre a eu lieu hier et a visiblement rassuré les plus inquiets.

REPLAY INVITÉ - M. Gaillac, secrétaire CGT de l’hôpital de Decazeville avec Bénédicte Dupont

On est rassuré quant à la prise en charge des patients en état de santé aigu, le renforcement du service des urgences, mais on est toujours inquiets pour la chirurgie complète. Tous les exemples nationaux montrent que les hôpitaux de proximité sont les premiers à sauter. Et dès qu'on part la maternité, le plateau chirurgical est menacé derrière. — Maxime Gaillac, CGT

Cinq bébés sont nés aux urgences ou sur la route en un an

Depuis la fermeture de la maternité, les futures mamans doivent accoucher à Rodez ou Villefranche-de-Rouergue. En dix mois, il y a eu deux naissances sur la route et trois aux urgences de Decazeville dont un prématuré de six mois. Un centre de périnatalité a ouvert en janvier, mais il ne gère les mamans qu'avant et après la naissance. Le comité de défense souhaite une maternité avancée, un service pour les grossesses et naissances sans risque.

Les accouchements dans les ambulances ou les hélicoptères mobilisés pour faire venir des praticiens en urgence, ça suffit. L'hyper-concentration des établissements ne laisse plus beaucoup d'activités aux petits comme nous. — Jean-Paul Boyer, porte-parole du collectif Tous ensemble pour l’hôpital et le bassin decazevillois

Depuis 2016, Decazeville est notamment entré dans le giron du GHT, le groupement hospitalier territorial qui gère aussi les hôpitaux de Rodez, Villefranche, Saint-Geniez-d’Olt, d’Espalion et de Salles- la-Source. Cela permet de mutualiser les moyens, par exemple d'échanger des spécialistes. "C'est surtout pour faire des économies; Nous, on voudrait une équipe médicale tournante sur ce GHT pour desservir qualitativement tout le territoire aveyronnais. Les échanges de spécialistes sont trop ponctuels, sur des consultations avancées", regrette Maxime Gaillac. À Decazeville, on manque d'urgentistes et d'anesthésistes.

Si on veut assurer la sécurité des patients, il faut garder l’hôpital ici. Si vous avez un AVC, vous n'avez pas le temps d'aller à rodez. Nous avons la Mecanic Valley, des ouvriers qui ont besoin de l’hôpital de Decazeville, des urgences, des soins intensifs. C'est vital. — François Marty, le maire de Decazeville

Avec près de 400 agents, le centre hospitalier de Decazeville est le premier employeur du bassin.