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Dossier : L'affaire Fiona

Déception et frustration après le renvoi du procès en appel de l'affaire Fiona

Le Puy-en-Velay, France

La décision de la cour d'assises du Puy-en-Velay de renvoyer le procès en appel de l'affaire Fiona en janvier a semé le dépit parmi les parties civiles. La cour a décidé d'accéder à la demande des avocats de la défense s'estimant "mis en cause". Le procès repartira de zéro le 28 janvier prochain.

Le procès a été reporté au mois de janvier 2018.
Le procès a été reporté au mois de janvier 2018. © AFP - Thierry Zoccolan

"Un véritable gâchis", c’est ainsi que les parties civiles qualifiaient ce lundi le renvoi du procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf. Comme on s'y attendait après les débats perturbés ce vendredi, les avocats de la défense ont réclamé ce renvoi dès la reprise de l’audience, en appuyant leur demande, "nous ne pouvons pas continuer après ce qu’il s’est passé vendredi, notre probité a été mise en cause". Les avocats des parties civiles dans leur majorité s'opposaient à ce renvoi, tout comme l'avocat général mais la cour est finalement allée dans le sens de la demande de la défense.

Que les choses soient claires, nous sommes tous victimes" - Me Renaud Portejoie, avocat de Cécile Bourgeon

Après la décision de la cour d'assises, Me Renaud Portejoie s'est justifié sur la position de la défense, "nous avons été accusés personnellement de collusion et de subordination de témoins, notre parole était irrémédiablement discréditée." L'avocat de Cécile Bourgeon qui s'interroge, "comment se maintenir dans un procès alors que notre propre parole est suspecte ?" Pour l'avocat, les propos tenus par Me Grimaud ce vendredi ne permettaient pas la poursuite d'un procès équitable pour les deux accusés. Renaud Portejoie qui conclut, "nous sommes tous victimes les uns et les autres des accusations qui ont été portées par une seule avocate".

Le défenseur de Berkane Makhlouf, Me Khanifar, qui avait été personnellement mis en cause par Me Grimaud ce vendredi, avait lui aussi demandé le renvoi. Ce renvoi est donc une bonne décision à ses yeux, "les excuses bidonnées ne pouvaient permettre de laver les soupçons qui avaient été instillés délibéréément dans l'esprit des jurés. je pense que la justice en sort grandie et que les leçons en seront tirées".

J'ai beaucoup de colère" - Me Marie Grimaud avocate d’Innocence en danger

Mise en cause directement par les avocats de la défense ce vendredi puis ce lundi matin, Marie Grimaud, avocate de l'association Innocence en danger est elle scandalisée par ce renvoi : "j'ai beaucoup de colère parce que cette cour d'assises a été prise en otage d'une véritable comédie qui était orchestrée depuis de nombreux mois". Elle se demande également en quoi la situation sera différente en janvier 2018, puisque les accusés auront les mêmes avocats et qu'elle sera également présente pour ce procès en appel. "Cette petite Fiona elle a le droit à une parole, il s'avère qu'en ma qualité d'avocate d'association je représente cette parole-là et il est hors de question que je ne sois pas là" insiste-t-elle.

Pour les parties civiles, qui avaient majoritairement demandé la poursuite des débats, ce renvoi du procès est évidement une grande déception. Avant la décision de la cour, Me Rodolphe Costantino, l'avocat d’Enfance et partage s'était déjà emporté "le spectacle que vous avons offert est proprement pitoyable" avait-il lancé aux avocats de la défense. Même dépit du côté du père de Fiona, Nicolas Chafoulais, lui aussi partie civile, qui regrette le report comme l'a expliqué son avocat Me Friboug,"je ne sais pas comment il fait pour tenir encore debout (...) je trouve que nous comme instrumentalisés, ce qui est fort désagréable quand on connait l'enjeu de ce procès".

Un renvoi qui va en tout cas coûter cher, un tel procès nécessite une logistique importante, l'organisation d'une audience de deux semaines, avec autant de témoins et de journalistes, demande du temps et du personnel. Reporter l'audience de pour quelques phrases prononcées paraît ce lundi disproportionné à de nombreux observateurs, un "véritable discrédit pour la justice" ont même fustigé certains.

Cécile Bourgeon peut-elle être libérée d'ici janvier prochain ?

Condamnée à cinq ans de prison lors du procès en première instance devant la cour d'assises de Riom, Cécile Bourgeon a déjà passé plus de quatre ans en détention - elle est incarcérée depuis le mois de septembre 2013. Ses avocats ont déjà fait plusieurs demandes de remise en liberté, toutes rejetées par la chambre de l’instruction. Cécile Bourgeon a fait une tentative de suicide en août dernier et ses défenseurs n'ont jamais caché leur volonté qu'elle puisse comparaître libre pour son procès en appel. Gilles-Jean et Renaud Portejoie devraient donc sans doute déposer une nouvelle demande de mise en liberté d'ici le mois de janvier 2018, il est très peu probable qu'elle soit acceptée.

Le procès a donc été renvoyé au 29 janvier prochain, il va durer deux semaines devant la cour d’assises d'appel du Puy-en-Velay. Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf comparaîtront à nouveau pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner", un crime passible de 30 ans de réclusion.

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