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Faits divers – Justice

Décès de la jeune pompier à Saint-Hippolyte : 1 an de prison ferme pour son collègue

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon

Le tribunal correctionnel de Montbéliard jugeait le 11 juillet Romain, sapeur-pompier, accusé d'avoir provoqué un accident mortel à Saint-Hippolyte, dans le Doubs, en septembre 2015. Il conduisait un camion de service alors qu'il avait bu. Dans l'accident, Fanny, sapeur-pompier de 19 ans est morte.

L'affaire, qui avait beaucoup ému dans le pays de Montbéliard, a été jugé devant le tribunal correctionnel de Montbéliard
L'affaire, qui avait beaucoup ému dans le pays de Montbéliard, a été jugé devant le tribunal correctionnel de Montbéliard © Radio France - Wassilla Guittoune

Montbéliard, France

Romain, sapeur-pompier volontaire de Saint-Hippolyte, dans le Doubs est poursuivi ce jeudi 11 juillet devant le tribunal de grande instance de Montbéliard, pour homicide involontaire avec au moins deux circonstances aggravantes. 

En effet, le 20 septembre 2015, alors qu'il conduisait le camion de la caserne de Saint-Hippolyte pour se rendre sur une intervention, pour sauver un motard, le jeune homme âgé de 24 ans à l'époque, perd le contrôle de son véhicule dans un virage et percute un mur de roches. A bord du fourgon se trouvent 5 de ses collègues. L'une d'elles, Fanny, 19 ans, meurt des suites de ses blessures. Les tests d'alcoolémie montrent que Romain avait bu avant de prendre le volant : il avait 1,96 g d'alcool par litre de sang, soit 4 fois le taux légal autorisé. Il lui est également reproché de ne pas avoir adapté sa vitesse aux conditions de circulation.

Le ministère public a requis 5 ans de prison dont 3 ans avec sursis. Il a finalement été condamné, jeudi 18 juillet, à 1 an de prison ferme (36 mois, dont 24 avec sursis). Il a également interdiction d'être pompier pendant 3 ans et son permis de conduire est annulé pendant 1 an. 

Une famille et un prévenu encore endeuillés

Dans un murmure, devant le tribunal, Romain dit avoir "encore les images de l'accident plein la tête. Je présente mes excuses sincères à la famille. Je n'ai pas de mots". Celui qui est maçon dans la vie, explique avoir tout perdu après le drame : "sa passion", mais aussi ses amis. Dans une voix presque inaudible, il indique ne "plus toucher à une goutte d'alcool". Des mots qui atteignent difficilement le cœur de la mère de Fanny : "Il a brisé notre famille" lâche t'elle avant de quitter le tribunal. L'avocate de la famille Maître Nathalie Rey Demaneuf pointe du doigt le fait qu'il est "inimaginable pour une mère de perdre son enfant". Maitre Marie-Christine Vernerey, avocate du père et des sœurs de Fanny, rend hommage à celle qui était "vive, pétillante, passionnée, intègre, qui depuis la plus tendre enfance avait la volonté de s'engager avec les sapeurs-pompiers. Elle avait la vie devant elle. Mais l'audience ne la ramènera pas, elle n'atténuera pas la douleur".

L'incompréhension, toujours, près de 4 ans après le drame

Maitre Nathalie Rey-Demaneuf, avocate de la mère de Fanny s'interroge : "pourquoi, alors qu'il avait fait la fête, n'a t'il pas dit à la caserne qu'il était indisponible? " Pour Maître Marie-Christine Vernerey : "c'est le résultat d'une imprudence, d'un excès de confiance". La veille de l'accident, Romain avait consommé une bière et un fond de vin avant de se rendre en boîte de nuit. En discothèque il a bu "6 ou 7 bières de vodka redbull".  Au repas du midi, chez sa belle-mère, il consomme de nouveau une bière. La vice-procureure Julie Fergane estime que le comportement de Romain au moment des faits est "une certaine forme de toute-puissance. Cette toute puissance dont ceux qui ont de hautes responsabilités peuvent peut souffrir parfois". 

A l'écoute de ces mots Romain parait comme figé, immobile.  Il sèche ses larmes, un mouchoir à la main. Son avocat, Maître Jean-Baptise Euvrard rappelle que pas une journée ne se passe sans que son client ne se "dise qu'il est responsable de la mort d'une amie, d'une collègue. (...) Il n'a jamais minimisé ses responsabilités. (...) Et je ne crois pas que son comportement relève de la toute puissance. Cela relève de la force de son engagement. C'est quelqu'un qui, depuis tout jeune, n'a pour seul guide de pensée que la volonté de servir. Ce n'est pas un homme d'ego, ce n'est pas un homme de suffisance. Lorsqu'il est bippé, la seule chose à laquelle il pense c'est satisfaire ses engagements : protéger les usagés".