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Faits divers – Justice DOSSIER : Affaire Naomi Musenga à Strasbourg

Décès de Naomi : le parquet de Strasbourg ouvre une enquête préliminaire pour "non-assistance à personne en péril"

mercredi 9 mai 2018 à 16:30 - Mis à jour le mercredi 9 mai 2018 à 18:17 Par Rachel Noël, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu

Le parquet de Strasbourg ouvre une enquête préliminaire pour "non-assistance à personne en péril" après le décès de Naomi Musenga à Strasbourg. L’opératrice du Samu qui avait reçu l’appel de Naomi a été suspendue "à titre conservatoire", selon la direction des Hôpitaux universitaires.

Une enquête est ouverte après le décès de Naomi à Strasbourg
Une enquête est ouverte après le décès de Naomi à Strasbourg - Copie d'écran Facebook

Strasbourg, France

Après le décès de Naomi Musenga, le parquet de Strasbourg annonce mercredi qu’il a ouvert une enquête préliminaire pour "non-assistance à personne en péril".  L'enquête a été confié à la Direction régionale de la police judiciaire Grand Est.

Le procureur précise qu'il a reçu un courrier le 30 avril dernier de la sœur de Naomi, indiquant qu'elle souhaitait déposer plainte. Elle met en cause les services du Samu et les personnes qui ont pris en charge les appels de Naomi. Elle estime aussi que les causes du décès demeurent floues, malgré les premiers résultats de l'autopsie réalisée le 3 janvier 2018.

La femme de 22 ans est morte quelques heures après avoir eu le Samu au téléphone. Dans cet échange, qui date du 29 décembre 2017, dont l’enregistrement a été diffusé par la famille aux médias, on entend clairement l’opératrice se moquer de la jeune femme en détresse. Elle décèdera quelques heures plus tard.

L’opératrice suspendue à titre conservatoire

L’opératrice du Samu qui avait reçu l’appel de Naomi Musenga à Strasbourg, a été suspendue mercredi "à titre conservatoire", indique la direction des Hôpitaux universitaires de Strasbourg. Le directeur général précise que les éléments qu’il a pu recueillir semblent "de nature à constituer un manquement à la procédure".

L'opératrice a été affectée dans un autre service le 2 mai.  Son audition a eu lieu mardi, dans le cadre de la procédure administrative qui est ouverte par les HUS. Il s'agit de savoir si la procédure de secours a été respectée. Les conclusions devraient être connues dans deux semaines.

Des syndicats qui dénoncent un manque de moyens

Pour les syndicats, cette dramatique affaire est la conséquence de ce qu'ils dénonçaient depuis longtemps déjà : beaucoup de stress dans un contexte de réduction de moyens et de personnels, qui plus est dans une période, les fêtes de fin d'année, où les standards des secours sont pris d'assaut.

Force Ouvrière a lancé son droit d'alerte et demande la mise en place d'une cellule de soutien psychologique du Samu ainsi que des mesures particulières de surveillance. Depuis que l'affaire Naomi a été rendue publique, le Samu strasbourgeois a en effet reçu plusieurs appels menaçants d'interlocuteurs qui promettent à leurs interlocuteurs de venir s'en prendre physiquement à eux.

Le ton de la conversation est insupportable" - Agnès Buzyn

La ministre de la santé Agnès Buzyn a de son côté annoncé une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS). Elle estime que selon les éléments à sa disposition, "il y a eu de nombreux dysfonctionnements".  La procédure habituelle prévoit que la personne qui répond a obligation de passer l'appel à un médecin

La ministre précise : "Je pense que les autorités au-dessus du Samu n'ont pas été alertées. Quand un événement grave aboutit à un décès, on doit obligatoirement en référer à l'Agence régionale de santé qui doit mener l'enquête, voire le faire remonter au ministère".

La ministre a convoqué lundi au ministère les urgentistes pour trouver des solutions aux problèmes de régulation médicale.

Agnès Buzyn, la ministre de la santé estime qu'il y a eu des dysfonctionnements