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Dossier : Coronavirus

Déconfinement : en prison, la reprise des parloirs inquiète les surveillants

Alors que les parloirs doivent reprendre dès lundi 11 mai, jour du déconfinement, les personnels pénitentiaires s'inquiètent de la nouvelle organisation mise en place pour surveiller que les détenus et leurs visiteurs respectent bien les gestes barrières.

La prison de Saint-Quentin-Fallavier, en Isère (photo d'archives)
La prison de Saint-Quentin-Fallavier, en Isère (photo d'archives) © Radio France - Céline Loizeau

Le déconfinement concerne aussi les prisons avec la reprise dès lundi prochain, le 11 mai, des visites au parloir pour les familles des détenus. Les visites avaient été suspendues mi-mars dans le cadre des restrictions de circulation mises en place par le gouvernement pour lutter contre la pandémie. 

Mais pour cette reprise, l'organisation des "parloirs" a été repensée, dans le but de respecter certaines règles sanitaires. Jusqu'à nouvel ordre, les personnes âgées et les enfants ne pourront pas venir visiter un détenu. Les rencontres sont limitées à des "face à face" avec un visiteur pour un détenu. À l'image de ce qui se fait dans les Ehpad, un mètre de distanciation sera obligatoire et aucun contact physique ne sera toléré. Il ne sera donc pas possible pour un couple de se tenir la main ou de se faire un baiser. 

Un mètre de distanciation obligatoire et aucun contact physique  

Pour être en capacité de surveiller le bon respect des ces règles, le lieu où sera organisée la rencontre change également. Les box individuels, qui garantissent habituellement un minimum de confidentialité, vont rester fermés, sauf exception. Les rencontres seront organisées dans de grandes salles (salles de réunion, ou gymnase) situées dans l'enceinte des établissements pénitentiaires. Il y aura donc plusieurs "face-à-face" simultanés dans une même salle sous la surveillance des gardiens. 

Ces mesures inquiètent fortement les syndicats. Joint par France Bleu, Alain Chevallier, délégué régional UFAP UNSA redoute des tensions au moment de ces retrouvailles. "Quand on n'a pas pu rencontrer la personne qu'on aime pendant plus de deux mois, on a qu'une envie c'est de se toucher la main, de s'embrasser, ça peut se comprendre. On est déjà dans, en prison, dans un milieu qui génère une frustration parfois difficile à vivre, et là, on va rajouter de la frustration à la frustration en privant des couples de pouvoir s'embrasser." Pour Alain Chevallier, cette barrière sera inéluctablement franchie."Une fois qu'un détenu sera puni pour s'être affranchi des règles, ça va entraîner une réaction des autres qui seront dans la même salle, et ça peut conduire à des actions collectives violentes qui font prendre des risques aux surveillants".

"Quand on n'a pas pu rencontrer la personne qu'on aime pendant plus de deux mois, on a qu'une envie c'est de se toucher la main, de s'embrasser."

Alain Chevallier UFAP UNSA sur France Bleu

Dans un communiqué l'Union régionale UFAP UNSA, affirme "être pour le retour des visiteurs pour les détenus, mais pas à n’importe quel prix, la chose étant trop improvisée." Le syndicat s'inquiète aussi de voir les visiteurs pénétrer dans l'enceinte des établissements pour rejoindre les salles où seront organisées les parloirs. L'UFAP UNSA demande donc le maintien des "parloirs" dans les box traditionnels avec l’installation de plexi glass de séparation

De son coté l'administration pénitentiaire se montre plutôt sereine face à ces craintes. Pour Stéphane Scotto, directeur inter-régional, interrogé par France Bleu Isère, "_les détenus et les proches qui les visitent sont des personnes responsables qui ont très bien compris les décisions prises pendant les deux mois de confinement et qui, comme pour les visites dans les Ehpad, comprendront l'importance de respecter cette distance de sécurité qui est une distance protectrice."_affirme Stéphane Scotto qui nie toute improvisation. "Nous y réfléchissons depuis plusieurs semaines, par groupes de travail sur le terrain."

"Les détenus et les proches qui les visitent sont des personnes responsables qui comprennent l'importance de respecter les distances de sécurité."

Stéphane Scotto, directeur inter-régional des services pénitentiaires sur France Bleu

Seulement cinq cas positifs depuis deux mois sur 5500 détenus

Après deux mois de confinement, c'est aussi l'heure du bilan du coronavirus au sein des établissements pénitentiaires d'Auvergne-Rhône-Alpes. La direction inter-régionale se félicite de n'avoir finalement comptabilisé que cinq détenus positifs au covid-19, tous guéris depuis, parmi les 5500 personnes incarcérées dans l'ensemble des dix-neuf établissements répartis sur la région. Par ailleurs, à trois jours du déconfinement, l'administration annonce que deux surveillants sont actuellement soignés pour le covid-19 sur près de 4000 personnels. Pour Stéphane Scotto, "c'est la preuve de la mise en place d'un confinement de haut niveau conduit par l'ensemble des personnels sur le terrain."

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