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Découvertes archéologiques historiques autour de la Seconde Guerre mondiale à Bretteville-sur-Odon

Rarement un tel site a été découvert : les vestiges d’un site de défense anti-aérienne utilisé par l’armée de l’air allemande pendant la Seconde Guerre mondiale ont été mis au jour à Bretteville-sur-Odon, à l’ouest de Caen. Les fouilles archéologiques viennent de prendre fin.

Deux archéologues de l'Inrap continuent leur travail sur le chantier.
Deux archéologues de l'Inrap continuent leur travail sur le chantier. © Radio France - Mathilde Warda

Une partie de l’équipe d’archéologues est toujours à pied d’œuvre sur le chantier. Entre les champs de blé, une découverte historique : un site de défense anti-aérienne de la Luftwaffe, l’armée de l’air allemande. Ce point d’appui de la Seconde Guerre mondiale a été exhumé à Bretteville-sur-Odon, à l’ouest de Caen, par une équipe de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Le résultat de cinq semaines de fouilles sur un peu plus de deux hectares avant le début de la construction de logements et entreprises sur la zone.

Situé dans le périmètre défensif de l’aéroport de Carpiquet, ce site, épargné par les bombardements, "révèle la diversité du mur de l’Atlantique ", explique Benoît Labbey, archéologue et responsable des opérations. A partir de 1941, cent vingt soldats sont postés sur le site qui a pour nom de code "Stützpunkt Bretteville" (point d’appui Bretteville). 

"Un premier pôle, lié au cantonnement, se trouve au nord. Nous y avons trouvé les unités de vies. Une autre partie, plutôt au centre du site, est liée au stockage. Dans les abris, nous avions les obus et les munitions. Et la partie sud était plutôt dévolue au combat avec les emplacements de canons et les positions de défense", Benoît Labbey, armé d’une photo aérienne historique du site, décrit avec passion toutes les découvertes de cette fouille. 

Benoît Labbey, archéologue et responsable des opérations présente les découverte armé d'un plan du site
Benoît Labbey, archéologue et responsable des opérations présente les découverte armé d'un plan du site © Radio France - Mathilde Warda

Même de simples monticules de terre renferment des détails de l’histoire qui ont leur importance : des restes osseux qui donnent des informations sur le régime alimentaire des soldats mais aussi des brosses à dents et des parfums. Ils "figent le quotidien des soldats", explique l’archéologue. 

Nous avons rarement eu l’opportunité d’étudier en intégralité un site de la Seconde Guerre mondiale

L’ensemble des découvertes "renvoie à des éléments de connaissance de défense du mur de l’Atlantique qui n’étaient pas connus à ce jour", explique Claude Le Potier, directeur de l’Inrap Grand-Ouest. Des fouilles d’autant plus inédites puisque "nous avons rarement eu l’opportunité d’étudier en intégralité un site de la Seconde Guerre mondiale", continue-t-il.

Benoît Labbey avoue avoir été "un peu perdu" face à l’absence "de tous les éléments défensifs que nous pouvons trouver en front de mer". En effet, le site est bien loin des standards du Mur de l’Atlantique. Ici, des "constructions atypiques avec des matériaux de construction locaux, prélevés sur place" remplacent les constructions standardisées, avec du béton armé ou les tranchées en zigzag. 

Une soute à munitions déservie par un système de tranchées rectilignes.
Une soute à munitions déservie par un système de tranchées rectilignes. © Radio France - Mathilde Warda

Sur une table à l’entrée du chantier, de nombreux objets sont disposés. Ils sont issus des abris excavés, qui ont servi à éliminer les déblais liés à la destruction de Caen après la guerre. Benoît Labbey présente avec une certaine émotion "une horloge dont les aiguilles sont restées figées", indiquant probablement l’heure d’un bombardement.

Au total, environ deux mille objets ont été découverts mais les archéologues en ont prélevés trois cent cinquante pour les étudier. Ils rejoindront ensuite les réserves de l’Etat et pour certains, peut-être la collection de musées de la région. 

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