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Défenestration de Sarlat : un interrogatoire pour comprendre qui est responsable de la mort d'Amara

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Par , France Bleu Périgord

Troisième jour ce mercredi du procès de la défenestration de Sarlat en juillet 2017 devant les assises de la Dordogne. Une journée consacrée à l'audition d'experts, médecins légistes ou psychiatres. Mais aussi à l'interrogatoire de l'accusé sur les faits.

La victime, Amara Boulouha.
La victime, Amara Boulouha. - Famille de la victime

Place à l'interrogatoire des accusés. Ce mercredi, devant la cour d'assises de la Dordogne à Périgueux, les trois accusés dans l'affaire de la défenestration de Sarlat, le 20 juillet 2017, ont répondu aux questions du président et des avocats sur le déroulement des faits. Pour tenter de décrire plus précisément ce qu'il s'est réellement passé ce soir-là, il y a plus de trois ans, à Sarlat. Quand Amara Boulouha, la victime, une mère de deux enfants, âgée de 38 ans, s'était défenestrée et s'était tuée en tombant du troisième étage d'un immeuble de la route Tourny. Trois accusés répondent de tentative d'extorsion avec violence ayant entraîné la mort et de complicité. Et l'audience de ce mercredi, consacrée aux interrogatoires, a donc été particulièrement tendue. 

La salle de la cour d'assises de la Dordogne - illustration
La salle de la cour d'assises de la Dordogne - illustration © Radio France - France Bleu Périgord

Régler une histoire de dette de drogue

Il y a d’abord Audrey Gende. La jeune femme se tient droite à la barre et répond sans détour aux questions de la cour. "Oui", elle savait dit-elle que Mohamed Ouis voulait rencontrer la victime pour régler une histoire de dette de drogue. Oui, elle l’a convaincue d’aller le rencontrer. Oui, elle connaissait dit-elle sa réputation de violence. Mais jamais avec elle. Et elle assure qu’elle voulait aider à trouver une solution pacifique à l’amiable… "Ce soir là, je lui ai dit de toute façon ca va bien se passer, on est là Jérémy et moi. Elle nous a suivis, elle est montée dans l’ascenseur. Jérémy était avec moi. On était deux, on lui a dit que tout allait bien se passer pour la rassurer" plaide l'accusée.

A la barre, la jeune femme semble revivre le drame entre deux sanglots difficilement contenus… première démonstration d'une émotion chez les accusés, depuis le début du procès.

J'aurais peut-être dû faire plus.

Son ex compagnon Jérémy Malfois reste, lui, plus froid. Il martèle simplement qu'il a été "dépassé" ce soir-là par les événements. Qu'il n'a pas assisté au début des faits dans l'appartement. Et qu’il est intervenu pour faire tomber le couteau brandi par Mohamed Ouis sur la victime pendant la dispute… Tout en tentant de faire comprendre à la victime "par le regard" qu'elle devait s'enfuir. "Aujourd'hui je me rends compte avec le recul que j'aurais peut-être dû faire plus" dit-il à la barre.

Je l'ai juste maîtrisée sans l'étrangler.

Finalement, le principal accusé Mohamed Ouis, 39 ans, passe une journée plutôt tranquille dans son box. Se contentant de nier avoir utilisé un couteau ce soir-là malgré son ADN retrouvé sur la lame. "C’était un couteau que j’avais utilisé quelques jours avant pour couper mes Tonton Burger" explique-t-il.

Mohamed Ouis nie d’ailleurs toute violence physique… "L'histoire du coup de poing aussi c'est faux" dit-il. "Je l’ai juste maîtrisée sans l'étrangler, parce qu'elle était hystérique. Pour qu’elle ne puisse pas fuir ses responsabilités" déclare-t-il froidement… "On était en danger à cause de la dette de drogue. Il fallait payer. J'étais menacé" continue-t-il calmement.

Sa vie privée fait sortir de ses gonds l'accusé

L'accusé va tout de même s'énerver quand le président va lui demander s'il ne pouvait réellement pas payer ses fournisseurs pour les faire patienter. S'il n'avait réellement plus d'argent liquide, alors qu'il  était connu pour aller voir des prostituées fréquemment à Périgueux.

"Vous n’avez pas à me juger sur ma vie privée. Parce que je vais aux prostituées. Je suis un homme comme tout le monde… Qu’est ce qui vous excite là dedans ?" s'énerve l'accusé contre le président. Avant d'ajouter à son intention : "Peut être que vous préférez les petits enfants ?" Le président recadre alors l'accusé une nouvelle fois. 

Lors de cet interrogatoire, Mohamed Ouis n'aura en tout cas une nouvelle fois montré aucune émotion. Comme le soir du drame où il aurait crié une fois la victime passée par le fenêtre : "Elle l'a fait, elle a sauté, cette folle", avant de quitter les lieux sans la secourir. A l'audience, Audrey Gende précise d'ailleurs : "Quand Amara est tombée, Mohamed n'a pas paniqué. Cela l'a même fait rire" dit-elle. Immédiatement dans son box, Mohamed Ouis invective sa co-accusée en hurlant "menteuse".

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