Faits divers – Justice

Délinquance des mineurs : le foyer, un lieu pour "poser ses valises"

Par Cécile Bidault et France Bleu, France Bleu Nord et France Bleu lundi 10 octobre 2016 à 18:43 Mis à jour le lundi 10 octobre 2016 à 19:18

L'établissement de placement éducatif de Lille
L'établissement de placement éducatif de Lille © Maxppp - La Voix du Nord / Pib

C'est une institution qui ouvre rarement ses portes : la Protection judiciaire de la jeunesse prend en charge les mineurs qui ont affaire à la justice. France Bleu a pu entrer dans un établissement de placement éducatif, à Lille ce lundi.

La Protection judiciaire de la jeunesse ouvrait ses portes ce lundi. Nous avons pu nous rendre dans un établissement de placement éducatif, à Lille. A deux pas du centre-ville, la façade est discrète. Dans ce foyer, il y a 12 chambres, occupées en ce moment par 8 jeunes mineurs, 7 garçons et une fille. Tous ont été placés là par la justice, après avoir commis un ou plusieurs délits. Souvent en rupture, en mal de repères, ils ont tout à réapprendre. Comme ce jeune de 16 ans, qui explique qu'il a dû s'habituer "à respecter un règlement, à respecter les adultes, à respecter les autres jeunes". Dans deux semaines, il quittera le foyer. A la fin de l'année, il espère décrocher un CAP, et "faire (sa) vie, comme tout le monde". "Nous ne sommes pas à 100% de réussite", complète le directeur de l'établissement, Walid Khanfar, "mais 90 à 95% des jeunes construisent un projet d'insertion, qui leur permet de sortir de la délinquance".

Reportage à l'établissement de placement éducatif de Lille

65% des jeunes placés ne récidivent pas avant leur majorité

Selon les chiffres de la Protection judiciaire de la jeunesse, 65% de ces jeunes ne récidivent pas avant 18 ans. Le placement en foyer, ou en centre éducatif fermé, est l'étape ultime avant la prison. L'ordonnance de 1945, sur laquelle est fondé le principe de la justice des mineurs, privilégie la protection et l'éducation. L'an dernier en France, près de 140 000 jeunes lui ont été confiés, dans des foyers ou des centres éducatifs fermés, alternative à la prison.

Jean-Charles Biebrach, l'un des 14 éducateurs de l'établissement lillois, qualifie son action "d'accompagnement". "Un adolescent, c'est un mouvement. Il faut pouvoir l'attraper, le stabiliser, et essayer de comprendre les problématiques qui ont pu l'amener à commettre des délits. On doit lui donner le temps de poser ses valises". David Carion, directeur territorial adjoint de la Protection judiciaire de la jeunesse du Nord, explique : "ça reste avant tout des foyers, ce n'est pas la prison". En France, seuls 700 mineurs sont incarcérés, il existe par exemple un établissement pénitentiaire spécialisé à Quiévrechain, dans le Nord.

David Carion, directeur territorial adjoint de la PJJ dans le Nord

6.000 éducateurs formés à la détection de signes de radicalisation

Parmi les problématiques nouvelles auxquelles sont confrontés les éducateurs aujourd'hui : le risque de radicalisation des jeunes. 6000 professionnels ont déjà été formés à la détections des signe de radicalisation.

Partager sur :