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Démantèlement d'un camp sahraoui à Bordeaux

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Par , France Bleu Gironde

Un campement de migrants a été démantelé à Bordeaux ce lundi matin. Le camp, qui se trouvait sous le pont Saint-Jean, rive droite, abritait une centaine de Sahraouis. La Préfecture a justifié ce démantèlement au vu, d'une part, des conditions d'insalubrité et de sécurité des lieux - zone inondable et risque important d'incendies - et d'autre part, des impératifs de progression du chantier LGV.

Les campements Sahraoui sous le pont Saint-Jean à Bordeaux
Les campements Sahraoui sous le pont Saint-Jean à Bordeaux © Radio France - Yassine Khelfa

Selon un communiqué de la Préfecture au vu de la progression du chantier LGV et des conditions insalubres du campement, les lieux ont été protégés afin d'éviter toute nouvelle occupation illicite.

Il était environ 6h30 ce lundi quand les premiers camions de CRS sont arrivés sur le campement des réfugiés Sahraouis. Ils ont évacué environ 80 personnes. La plupart d'entre eux se sont vus proposer quatre nuits d'hôtel à Langon ou à Naujac. Selon la Préfecture, 22 demandeurs d'asile ont accepté et ont ainsi été emmenés par bus dans un hôtel à Naujac, à titre gracieux. Quatre d'entre eux ont été pris en charge pour des raisons de santé.

Ces réfugiés Sahraouis campent sous le pont Saint-Jean et la passerelle Eiffel sur la rive droite de Bordeaux depuis octobre 2014 pour certains, deux ans pour d'autres, dans des conditions intolérables, selon certaines associations.

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Des conditions renforcées cette année par la menace d'inondations en bord de Garonne avec les fortes pluies et les récentes grandes marées. Leurs abris de fortune (faits de bric-à-brac en bois et en toile, sans eau, ni électricité ) ont eu à plusieurs reprises les pieds dans l'eau. Ils squattaient aussi des wagons désaffectés , rouillés, de la SNCF près de la gare Saint-Jean. C'est d'ailleurs ce terrain qui a été démantelé par tractopelle par les autorités. Depuis quelques semaines, les forces de police, sur demande du Préfet, prévenaient les demandeurs d'asile d'un démantèlement à venir.

Des propositions inadmissibles pour les associations

Certaines associations bordelaises comme la Ligue des Droits de l'Homme ont alerté l'opinion à plusieurs reprises sur le sort de ces réfugiés. Pour un de ces membres, Jean-Claude Guicheney, la proposition de la Préfecture est inadmissible.

"Ce sont des conditions inadmissibles (...) à l'heure actuelle, la situation est bloquée"

"Quatre nuits, ça ne veut rien dire. C'est redéplacer le problème dans l'espace et dans le temps. Nous sommes dans une situation bloquée. Le cinquième jour il va falloir qu'ils se débrouillent alors que l'État doit proposer une proposition d'hébergement à ces personnes là."

Les campements Sahraoui sous le pont Saint-Jean à Bordeaux
Les campements Sahraoui sous le pont Saint-Jean à Bordeaux © Radio France - Yassine Khelfa

Les Sahraouis, arrivés pour la plupart en octobre 2014, sont demandeurs d'asile mais leur situation est compliquée. C'est un peuple en exil dont la Terre est le Sahara Occidental . Ce peuple se présente comme la dernière colonie en Afrique. Ils vivent entre l'Algérie, le Maroc et la Tunisie.

"Après, on ira où ?" - Bachir, l'un des occupants, qui refuse de partir. 

Bachir vient de Tindouf en Algérie, il est arrivé en octobre dernier à Bordeaux. Si sa demande d'asile est toujours en cours de traitement, il compte rester même si le camp vient d'être démandelé. "On a pas grand chose ici, on a de l'eau et à manger grâce à des gens qui viennent nous apporter des produits de première nécessité. Mais pas d'eau chaude, pas d'électricité, on va charger nos téléphone dans le centre ville. Moi je reste ici, je n'irai pas à l'hôtel, pas pour quatre jours, après on ira où ?", 

Un groupe de soutien à ces réfugiés a été créé sur Facebook . "Aide aux réfugiés Sahraoui". Pour Siham, membre active, il est important de leur venir en aide.

"Il y a une grande mobilisation pour eux, on leur apporte des denrées alimentaires, du matériel, on est en contact avec eux. Certains demandent le droit d'asile depuis presque deux ans, ils font le va-et-vient. Ils pensaient trouver la paix et la liberté et au final : rien."

Le groupe compte à l'heure actuelle environ 600 membres.

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