Faits divers – Justice

Des armes d'assaut saisies lors d'une vaste opération des gendarmes menée depuis Perpignan

Par Elisabeth Badinier, France Bleu Roussillon mardi 18 mars 2014 à 18:30

Des centaines d'armes saisies lors de cette opération
Des centaines d'armes saisies lors de cette opération © Radio France

Des centaines de fusils, des armes de guerre, des explosifs ont été saisis lors d'une vaste opération de la gendarmerie menée ce mardi partout en France. Une opération menée depuis Perpignan, 70 personnes ont été interpellées. Un ancien armurier de Perpignan est soupçonné d'avoir acheté ces armes pour les revendre ensuite sur internet.

Vaste coup de filet ce mardi matin pour démanteler un réseau de trafic d'armes.

70 personnes ont été placées en garde à vue sur tout le territoire en Languedoc-Roussillon, mais aussi en PACA, en Corse, en Alsace et en région parisienne. Selon un bilan loin d'être exhaustif car tout n'a pas été répertorié, les enquêteurs ont saisi 300 armes de poing, des fusils, des milliers de munitions, des explosifs, des grenades . Il y a des armes anciennes comme des armes sophistiquées. Les acheteurs se faisaient livrer des armes entières mais aussi des pièces détachées .

Les enquêteurs ont retrouvé des pistoletsautomatiques 9 mm Glock du même type que ceux utilisés par les services depolice français, des armes de guerre de type Kalachnikov, des armes decollection de la Seconde Guerre mondiale...

A l'origine de cette affaire,  l'interpellation il y a deux ans près de Perpignan d'un ancien armurier, cet homme d'une quarantaine d'année est  soupçonné d'avoir organisé une filière d'importation d'armes en provenance d'Allemagne et d'Autriche. Il les revendait ensuite via internet, sur un site genre "le bon coin de des armes à feu". 1600 transactions ont été recensées, 1300 clients environ.

370 gendarmes et douaniers ont été mobilisés pour mener ces perquisitions. Dans un appartement près de Perpignan, ils ont trouvé pas moins de vingt fusils et  quelques armes de poing.

Les personnes arrêtées issues de tous milieux socio-professionnels sont des collectionneurs mais aussi des personnes déjà connues de la justice pour des faits de violence liés au grand banditisme.

"Il a fallu retracer toutes les transactions par internet entre ce revendeur et tous les acheteurs et établir comment ces acheteurs avaient acquis ces armes , comment ils les avaient payées, s'ils les avaient reçues et localiser ces personnes. On va du collectionneur à des gens connus de la justice pour des faits de violence et de dégradation. C'est vrai que depuis quelques mois il y a une succession d'affaires similaires à celle là qui ont mis en évidence que le trafic des armes par internet existait en France et qu'il y avait un potentiel assez important d'armes au domicile de particuliers. Après les transactions se faisant par colis postaux, il est facile de se faire livrer des armes comme des médicaments, par internet." explique le colonel de gendarmerie Dominique Goury, chargé de l'enquête baptisée "armes 66" 

Les gendarmes font face désormais à un gros travail pour répertorier les armes retrouvées. Il s'agit de distinguer celles qui sont interdites en France à l'instar des armes de guerre ou des armes automatiques, de celles qui sont soumises à autorisation, à déclaration ou libres de ventes, afin de déterminer les infractions dont se sont rendus éventuellement coupables les acheteurs.

Armes 66 son 1