Faits divers – Justice

Des berrichons rejoignent le collectif des victimes des centres Dentexia

Par Gaëlle Fontenit, France Bleu Berry mardi 2 août 2016 à 18:09

Le collectif a manifesté à Paris en mai dernier
Le collectif a manifesté à Paris en mai dernier © Maxppp - Thomas Padilla/MAXPPP

Un collectif d'anciens patients soignés dans ces centres dentaires low-cost se constitue : il regroupe près de 2.000 personnes dont au moins 3 berrichons.

L'affaire remonte au printemps dernier. La justice a prononcé la liquidation judiciaire du groupe Dentexia. Le groupe, qui avait plusieurs centres de soins en France, proposait des soins dentaires à bas coût, ferme donc toutes ses structures, laissant sur le carreau des centaines de patients.

"Le scénario est toujours le même, précise Abdel Aouacheria, fondateur du collectif des anciens patients. Avant de commencer les soins, Dentexia demandait au patient de régler l'ensemble de la prestation à venir. Ceux qui avaient les liquidités payaient tout de suite. Pour les autres, le groupe proposait un crédit à signer immédiatement".

Un dentier provisoire depuis deux ans

C'est comme cela que Yannick, un habitant du Cher, s'est endetté auprès de Dentexia, contractant un crédit de de 16.000 euros. Les fonds sont immédiatement débloqués, dans leur totalité, les soins débutent : "J'avais un déchaussement des dents. On me les a toutes arrachées avant de me poser des implants en vue d'un appareil définitif. En attendant, j'ai eu un dentier provisoire. Ca fait deux ans... Je n'arrive plus à les joindre..."

Même histoire ou presque pour Maryse, une berrichonne soignée à Lyon. "On m'a fait contracté un crédit d'un peu plus de 3.500 euros pour 3 couronnes. Une seule a été posée, et j'aurais d'ailleurs à redire, c'est loin d'être satisfaisant. Quant aux deux autres... je n'ai que les implants... Dentexia est liquidé et aucun dentiste ne veut me suivre. Les implants qu'on nous a posés ne sont compatibles qu'avec le matériel Dentexia nous dit-on... Je ne sais plus comment faire et j'ai peur de l'infection".

Myriam, de Saint Amand Montrond, a déboursé 7.000 euros pour faire soigner 6 dents. Si les soins ont bien été effectués, ils n'ont pas été bien fait et Myriam se retrouve avec des morceaux d'outils coincés dans les dents. "Ca a été un véritable parcours du combattant. Chaque fois que j'appelais le centre où j'étais suivi, je n'avais jamais de réponse. Ils décalaient sans cesse mes rendez-vous. Un jour, une secrétaire m'a dit de regarder sur internet ce qui se passait autour de Dentexia. C'est comme ca que j'ai découvert que le groupe était en liquidation judiciaire et par la même occasion, que c'était le centre qui me suivait. Nul part sur les papiers il n'était inscrit Dentaxia. Peut être que plein d'autres gens sont victimes et qu'ils ne le savent même pas."

Des infections chroniques

Plusieurs milliers de patients seraient ainsi dans cette situation selon le collectif. Certains ont payé pour des soins qui n'ont jamais débuté. Pire, la plupart se retrouveraient avec la bouche en chantier...

"On a même des cas de patients qui ont des infections : des gens à qui on a posé des couronnes pas étanches par exemple. Ce qui conduit à des infections chroniques récurrentes" explique Abdel Aouacheria.

Selon le collectif, plus de 1.200 personnes à ce jour ont déposé un recours devant l'Ordre national des chirurgiens dentistes et plusieurs centaines de plaintes auraient été déposées devant des tribunaux. Le collectif tente de centraliser les plaintes pour organiser une action en commun.

De son côté, la ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé une aide financière pour permettre aux anciens patients Dentexia de reprendre le protocole de soin auprès d'autres professionnels.